Réforme des universités. Université d'Evry.Expression de militants du Snesup-FSU et de leurs amis sur la situation de l'université d'Evry et des universités. recherche, formations:licence,master. Syndicat. Recherche; universutés sous tutelle
Nous sommes devant nos responsabilités.
Il n’est plus possible d’ouvrir certains parapluies et de rejeter certaines la responsabilité sur le ministère ou autrui sur nombre de problèmes.
La grande astuce de la politique actuelle, avant même Sarkozy est d’avoir renvoyé à l’échelon local la résolution de questions épineuses, deux exemples :
1) La question de la dotation budgétaire
- la dotation budgétaire, venant du ministère, détaillait autrefois la répartition d’une grande partie des crédits en fonction du type d’étudiants, la norme sanremo. Il y avait une différence qui tenait compte des volumes de formation, de l’encadrement estimé nécessaire en fonction du diplôme et des frais pédagogiques, etc. Cette norme constituait un net progrès démocratique par rapport à la politique du guichet qui prévalait autrefois et par rapport à celle qui se met en place maintenant. Dans ce système les petites universités étaient défavorisées en sciences molles faute d’effectifs, Evry s’en sortait car l’importance de ses filières technologiques secondaires ou tertiaires permettaient de financer les filières de sciences sociales ou humaines, les gouffres mal gérés comme AES ou les filières peu nombreuses de second cycle de sciences fondamentales. Ainsi à une époque la gestion finançait entièrement les déficits en heures de SSG. La situation a profondément changé, le ministère donne une enveloppe globale et nous laisse nous débrouiller en interne pour la répartition. Les enveloppes de crédits ont été globalement maintenues et nous avons procédé de même en interne alors que la répartition des volumes étudiants en interne a varié entre les grands secteurs et que nous amorçons une décrue importante de nos effectifs. La question de la répartition des crédits en interne est une des questions qui empoisonne les relations entre l’université et l’IUT, mais qui pose aussi beaucoup de problème entre départements et entre diplômes dans les UFR. Nous ne en sortirons pas sans une clarification des règles du jeu et une base de répartition construite à partir des orientations stratégiques de l’université.
- Cette réflexion et la clarification au sein de l’établissement sont d’autant plus nécessaires que le ministère entend aller plus loin dans son mode de répartition des crédits. Nous avons plusieurs fois souligné, que les orientations sur ce point données à Pécresse par Sarkozy dans sa lettre de mission, n’étaient pas à prendre à la légère, et qu’elles étaient même appuyées par la CFDT (la confédération du SGEN) cf. les positions de cette dernière dans la commission Hetzel. Ils n’en sont pas encore à lier directement financement et réussite, insertion ou performance des diplômes, mais il est maintenant clairement dit que le financement se ferait sur la base d’un projet ou des projets. Tous ceux d’entre nous qui ont un peu d’expérience savent que si un projet bidonné est accepté par le ministère, personne n’est en réalité dupe. Pendant des années les dirigeants ont pensé que l’accroissement mécanique du nombre d’étudiants retardait leur entrée sur le marché du travail (politique dite de « parkings » et que le fait de posséder un des diplômes du supérieur quel que soit ce diplôme favorisait l’insertion professionnelle (cela permettait aussi de peser sur les salaires des qualifications moyennes). Nous constatons que cette politique est maintenant officiellement refusée par les payeurs (la direction actuelle du pays) mais aussi par une majorité de la population et des étudiants. L’échec du dernier mouvement étudiant n’est-il pas aussi à lire à travers ce nouveau rapport aux études supérieures ? Dans tous les cas aussi bien pour obtenir des crédits que pour que les étudiants viennent dans notre établissement il nous faut des projets crédibles, donc une offre de formation de qualité et crédible. Nous sommes entre le marteau gouvernemental des crédits et l’enclume des étudiants qui votent avec leurs pieds, et comme« il n’est pas de sauveur suprême… »sauvons nous, nous-mêmes »
2) La question de la carte universitaire et sous entendue : la réforme de la licence
- Depuis des années le dispositif Ravel n’est plus qu’une coquille vide pour les filières scientifiques, l’économie et graduellement ce l’est devenu pour toutes les filières, à l’exception sans doute de l’AES et encore ce n’est pas si sur pour cette filière si l’on compare Evry et P12. Nous avions déjà attiré l’attention sur cette question au début 2005, la direction de l’époque n’ayant rien vu, il faut le marteler pour les derniers ignorants : les étudiants ont le choix de leur université dans toutes les filières !
Ils formulent trois vœux et ne sont pas pris dans le premier hors de leur sectorisation Ravel, que si l’université choisie hors secteur fait la démonstration qu’elle n’a plus de place. Vous connaissez des filières universitaires de premier cycle surchargées en Ile de France par rapport aux capacités annoncées, nous étions financés à l’étudiant faut-il le rappeler ? Demain peut être quelques très bonnes filières qui émergeront, mais depuis quelques années elles perdent tous des étudiants en premier cycle, et depuis deux ans les filières de sciences molles plus que les sciences dures qui se stabilisent. Les lycéens des milieux aisés les plus informés, leurs parents, les professeurs de lycées connaissent maintenant tous le principe, les CIO aussi et même parfois les chefs d’établissements du second degré du moins ceux qui savent ce qu’est l’ université pour l’avoir fréquentée au-delà de bac +2 ! Nous sommes depuis des années entrés dans un système concurrentiel et seuls les petits soldats de la politicaillerie et de l’administration continuaient à nier cette évidence, le cynisme de la politique de Sarkozy a au moins cet avantage, elle achève de décrédibiliser le discours d’une bande de faux culs et d’imbéciles.
- C’est là qu’interviennent la question de la licence et la mise en place officielle et non plus expérimentale du dispositif d’orientation active et surtout la mise en place de la première année de la licence rénovée en septembre de cette année. L’ensemble de l’établissement est concerné, IUT compris. C’est un cran supplémentaire dans le dispositif de pression sur les financements et difficilement parable aux yeux de l’opinion si la ministre annonce benoîtement qu’elle finance les filières et les projets qui offrent le plus de perspectives aux étudiants. La bataille de l’attractivité et de la crédibilité va faire rage malgré les déclarations de principe la main sur le cœur des chers collègues, les pratiques que nous observons depuis des années sur la question de la carte Ravel contredisent les paroles.
Richard Messina l’a plusieurs fois souligné dans des éditoriaux au nom de l’université, le jeu est faussé entre les anciennes universités installées et dotées depuis longtemps, capables d’offrir une palette plus large et les universités nouvelles. Nous avons pris une longueur d’avance en réglant plus vite la question de notre organisation politique interne que les autres universités d’Ile de France (sauf Paris V). Le président et les conseils ont la légitimité politique pour agir. Ne perdons pas de temps et d’énergie dans un système d’alliance vasouillard de listes par une pseudo ouverture à des individus qui ne représentent qu’eux même et ne cherchent que quelques avantages personnels, l’exemple passé non montre que cela n’a rien donné. Il y a dans les semaines qui viennent, des choix à opérer et des gestes concrets visibles à faire qui fonderont les alliances sur le fond. Le programme de la liste Ensemble en fournit la base mais trois points nous paraissent se détacher dans l’immédiat et qui relèvent de la responsabilité de la direction, Président et CA:
- La mise en place rapide du « gouvernement de l’université », 1)compléter les conseils avec des personnalités extérieures crédibles et qui peuvent apporter à l’université. Pour nous il s’agit de travailler dans le monde tel qu’il est et non tel que nous le rêvons. 2) Constituer une équipe qui travaille et non faire de l’affichage 3) Donner à ceux qui acceptent des responsabilités les moyens politiques et techniques d’accomplir leur mission. Nous savons que la délégation est un art difficile, mais l’efficacité et la réussite sont à ce prix.
- la réforme de l’administration à l’université et à l’IUT (responsabilité du directeur de cette composante). Nous n’incriminons pas ici les personnels IATOS d’exécution, mais nous pensons qu’il y a une nécessité de revoir le mode d’encadrement, l’organisation du travail administratif, le mode de gestion du personnel. C’est une priorité absolue sinon nous coulerons.
- Le lancement de la réflexion sur la licence qui doit indiquer concrètement les priorités choisies : l’ensemble génome, les formations du domaine professionnel dont les IUP sont l’axe et où l’IUT a toute sa place comme partenaire à part entière, l’aide à la construction de partenariats et de co-pilotages pour les autres secteurs où nous ne sommes pas assez forts ou crédibles.