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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 19:09

Verbatim

La partie de la déclaration de politique générale du premier ministre consacrée aux universités et à la recherche le 3 juillet.

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/02/34/72/fillon-sur-l--universite-et-la-recherche.doc

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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 19:04

Des membres du Conseil National des Universités (CNU), des présidents de CSE, des doyens et directeurs d’UFR, se sont réunis le mardi 3 juillet 2007 à l’invitation de la Conférence permanente du Conseil National des Universités (CP-CNU).

 

 

 

Texte de la résolution

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/02/34/72/resolution-sur-le-recrutement-des-enseignants-chercheurs.doc

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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 17:39
Les facs bricolent pour recruter
LE MONDE | 03.07.07 | 15h25
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-930875,0.html
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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 11:35
La vérité sur l'université
 
Par patrick Maistre du chambon, professeur des facultés de droit, président de la conférence des doyens et François Gaudu, professeur de droit à la Sorbonne
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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 08:42

Il faut relever le défi de l’autonomie

Les établissements qui s’en sentent capables doivent s’affranchir de l’Etat et proposer leur vision de la gouvernance.

 

Par Gilbert Béréziat, Délégué Général de Paris Universitas, ancien président de Paris VI (Université Pierre et Marie Curie). Il est Snesup et fut longtemps, vaine et pieuse mission conseiller du PCF en matière universitaire.
 LIBERATION QUOTIDIEN : lundi 2 juillet 2007 http://www.liberation.fr/rebonds/264617.FR.php

Notre pays ne peut laisser plus longtemps, avec ses universités boiteuses, sa recherche se faire distancer davantage. Car la recherche, aujourd’hui, se fait au sein des universités. Les grandes écoles en font peu ou pas et sont incapables de rattraper le retard qu’elles ont accumulé au fil du temps.

J’ai soutenu Ségolène Royal, mais force est de reconnaître que le projet de loi présenté par le gouvernement Fillon offre aux universités une opportunité qu’elles se doivent de saisir. Certes, le texte du gouvernement n’est pas parfait et comporte des marges d’évolution. Mais encore convient-il de se mettre d’accord sur le sens de ces évolutions. La réforme LMD a établi trois cycles d’enseignement supérieur qui constituent chacun une entité pédagogique sanctionnée par un diplôme national reconnaissant un niveau de formation. Elle permettra une amélioration importante de la réussite des étudiants : pas de sélection à l’intérieur d’un cycle, et délivrance du diplôme lorsque le minimum requis est atteint. Tout étudiant possédant une licence peut prétendre poursuivre en master, mais cela ne signifie pas qu’il puisse le faire dans son établissement d’origine. En quoi est-il scandaleux de reconnaître que la qualité des masters n’est pas la même partout, et que les cursus exigeants ne sont pas l’apanage de Polytechnique, des Mines ou de Normale sup ? La sectorisation géographique dans l’accès aux universités a fait son temps.

Chaque bachelier doit avoir la possibilité d’intégrer l’université de son choix, mais chaque université choisie doit aussi avoir la latitude de l’accepter ou non. C’est ce que je déclarais lorsque je présidais l’université Pierre-et-Marie-Curie. Je ne vois pas à quel titre je dirais le contraire une fois Nicolas Sarkozy élu. Les universités, garantes du service public, doivent assurer la diversité sociale dans leur recrutement, mais cela ne peut se faire par la loi. Cela doit au contraire résulter d’un contrat d’objectifs conclu avec l’Etat lors des négociations budgétaires, car cela a un coût.

Cet objectif passe aussi par des relations renforcées entre les lycées et les universités. Il est grand temps que l’on reconnaisse la diversité des missions des universités et donc la diversité de celles-ci, selon que l’accent principal y est mis sur telle ou telle de ces missions. Cela se traduira inéluctablement dans l’avenir par une diversité de leur gouvernance. Des universités diverses, ce sont aussi des universités qui coopèrent et contractent entre elles. Vouloir une cote mal taillée pour tous est une erreur profonde. Et celles qui se sentent prêtes doivent choisir l’autonomie immédiatement. Encore faut-il que la loi l’autorise, ce qui est loin d’être clair dans le texte proposé.
Certains glosent sur la capacité des universités à entretenir le patrimoine universitaire s’il leur était confié. Mais comment peut on dire cela, quand on regarde objectivement l’état du patrimoine universitaire de l’Etat ? La faillite totale de l’Etat dans la rénovation des campus de Jussieu et d’Orsay est patente. Si elles en avait eu la responsabilité, jamais les premières universités françaises n’auraient, comme c’est le cas aujourd’hui, laissé ces chantiers en déshérence.

 

En quinze années de présence au conseil d’administration de l’université Pierre-et-Marie-Curie, j’y ai rarement rencontré plus de trois ou quatre élus étudiants à la fois, sauf pour l’élection du président. La présence de personnalités extérieures n’était guère plus importante. Un conseil resserré, pourquoi pas. Les discussions seront sans doute plus intéressantes, avec moins d’étudiants élus, mais plus présents, des personnalités extérieures remerciées si elles manquent d’assiduité. Par contre, je suis inquiet sur la désignation du président.
On ne dirige pas une université qui possède un fort potentiel de recherche comme une école de commerce, fut-elle HEC. La plupart des grandes universités mondiales ont mis en place au fil des ans des procédures élaborées de choix des candidats à la candidature. Ces procédures permettent de vérifier que les candidats qui vont être soumis au vote du conseil d’administration ont d’autres qualités que la simple vocation à enseigner.
Dans le cas des universités où la recherche est intensive, les présidents doivent avoir une bonne connaissance de la recherche. Bien sûr, ils peuvent aussi utilement avoir un passé managérial, mais encore faut-il qu’ils aient le temps d’élaborer un projet, de le présenter à la communauté universitaire et de le faire valider par les instances adéquates. Cela ne peut se faire en un mois. En ce sens, le projet en sa forme actuelle est lourd de crises pour l’avenir. Toutes les universités qui s’en sentent capables doivent relever le défi de l’autonomie, mettre en place les groupes de travail nécessaires, proposer, chacune à sa façon, leur conception de la gouvernance. De cette profusion d’initiatives naîtra une manière de faire qui donnera de nouveau à la France, comme cela a été le cas pour le LMD, un rôle essentiel dans la vaste réforme des universités en cours en Europe.

 

 

 

 

 

 

 

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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 09:56

COMMUNIQUE INTERSYNDICAL

Les organisations soussignées jugent que le contenu du projet de loi «portant organisation d’une nouvelle université » n’est pas acceptable, en dépit du retrait par le gouvernement de l’article de la loi sur la sélection en master sous la pression.

Ce texte institue une autonomie concurrentielle des universités et ouvre la porte à leur développement inégalitaire favorisé par la course aux financements et par le désengagement de l’Etat. Il met à mal les métiers des personnels, à commencer par ceux des enseignants-chercheurs, des chercheurs, et leurs conditions de recrutement. Il déroge gravement au statut de la fonction publique en autorisant les présidents d’université à recruter des personnels contractuels pour remplir des missions pérennes de service public, notamment pour des emplois techniques et administratifs. Il ne répond pas aux besoins de la société en matière d’enseignement supérieur et de recherche.

Les organisations soussignées dénoncent le refus du gouvernement, en dépit des promesses électorales d’engager un collectif budgétaire pour améliorer, dès la rentrée, les conditions d’études et de vie des étudiants, la situation des universités, de la recherche publique, de leurs personnels. Si ce collectif n’était pas voté cet été par le Parlement, elles prendraient toutes leurs responsabilités pour exiger ces moyens.

Dans la semaine du 2 au 6 Juillet, elles appellent les personnels et les étudiants à amplifier les actions d’interpellation du gouvernement et des parlementaires autour de ces exigences. Elles demandent au gouvernement et aux parlementaires d’entendre les exigences de la communauté universitaire mobilisée à l’occasion des Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.Elles appellent à des rassemblements dans les établissements et en régions.

Paris, le 29 juin 2007

FSU : SNESUP, SNASUB, SNCS, SNEP
UNSA : SUP'Recherche, SNPTES, A&I
CFTC : Inra
CGT : FERC-Sup, SNTRS
UNEF

On ne trouve pas le SGEN CFDT dans les signataires de ce communiqué " classique". Il faut dire qu'à en juger par son attitude chez nous, le SGEN est comme d'habitude à l'avant garde du démantèlement du service public....

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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 19:58

 Deux "papiers" dans "Le Monde".

 

Accédez à l'intégralité de cet article sur Lemonde.fr
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-930026,0.html

 

 Accédez à l'intégralité de cet article sur Lemonde.fr
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-929206,0.html
 

 

Un très bon papier sur la "chiraquisition" de N.Sarkosy

 

http://www.rue89.com:80/2007/06/30/nicolas-sarkozy-voulait-il-vraiment-reformer-l-universite

Plus d'autonomie pour les universités nécessite plus de contrôle"

LEMONDE.FR | 26.06.07 | 12h46  .  Mis à jour le 29.06.07 | 12h19


L'intégralité du débat avec Michel Kaplan, ancien vice-président de la conférence des présidents d'université, jeudi 28 juin, à 11 h .

 

 

 

http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-3224,55-928074,0.html

 

 Prise de position en Droit

les-doyens-de-faculte-de-droit.doc  

 
 

 

 URL : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/02/34/72/les-doyens-de-faculte-de-droit.doc

 

Prise de position des directeurs d'IAE (gestion)

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/02/34/72/motion-des-iae.doc

 

 

 

 

 

 

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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 00:33

Ces contributions n'engagent que leurs auteurs et non la section du Snesu Evry.

La recherche et les universités françaises connaissent des réformes profondes. Nous sommes en droit d’espérer que ces réformes permettront de hisser la recherche fondamentale, appliquée et l’innovation au plus haut niveau afin de permettre à notre pays de retrouver une croissance basée sur la connaissance et ses applications.

Force est de constater qu’aujourd’hui la recherche et les universités sont sinistrées comme en témoigne le classement de Shangaï. Seules 4 universités sont classées dans les 100 premières : Paris-VI ( 45ème), Paris-XI ( 64ème), Strasbourg-I (96ème), ENS Paris ( 99ème).

Dans ce paysage d’abandon de la recherche et des universités, l’université d’Evry et le Pôle PSEVS sont des établissements très modestes qui ne sont pas de taille à lutter en « Champion’s League ».

Nous, chercheurs, enseignants chercheurs de la communauté d’Evry devons réfléchir à cette situation. Nous devons aussi nous poser la question de notre avenir dans cette compétition qui nous est imposée.  

Un secteur de recherche à Evry est, à nos yeux, compétitif ; c’est celui de la biologie au sens large (biologie, informatique mathématiques, etc.) du terme et peut être celui des mathématiques financières. Le développement de la biologie se base sur la volonté d’une association de malades (l’AFM) et la création de gènopôle. L’université a accompagné ce mouvement mais n’en a pas été le moteur.

Pour que la recherche se développe aujourd’hui, il faut que les laboratoires atteignent une taille critique et il faut que les chercheurs, enseignants chercheurs, puissent consacrer une plus grande partie de leur temps à leurs travaux. Ils ont donc besoin d’une structure administrative solide qui soit au service de la recherche et de l’enseignement. A Evry, les jeunes enseignants chercheurs (véritable « poumon » des laboratoires) voient une bonne part de leur temps consacré à l’administration. De plus, il faut que les universités se dotent de structures d’évaluation sérieuses de l’activité de recherche de leurs laboratoires. L’université n’a pas su et n’a pas pu se doter de ses instances et aujourd’hui l’activité de ses jeunes enseignants chercheurs est extrêmement réduite.  

A partir de ce constat bien sûr rapide, je souhaiterais que la communauté scientifique d’Evry réfléchisse à son avenir. Pour notre part, je pense que l’université d’Evry Val d’Essonne devrait entamer des discussions avec l’université Paris XI ou PVI afin de ne  constituer rapidement qu’une seule université avec l’une ou l’autre, car malgré les efforts accomplis sans compter par le nouveau Président R. Messina et son équipe, le pôle scientifique d’Evry, tel qu’il est aujourd’hui, ne peut se mesurer avec ce qu’on appelle « Le plateau de Saclay » «ou « Paris centre.

Bien cordialement.

 Gilles Waksman        

 

 

 

  

 Quelques considérations sur les grands secteurs d’enseignement d'Evry.

Les secteurs qui fonctionnent le mieux du point de vue recrutement d’étudiants et attraction équilibrée c’est à dire :

·         en L1 ou L3 une assise sur un recrutement de bacs correspondants à la discipline

·         en Master un recrutement équilibré et suffisamment étoffé: une part d’étudiants du secteur(91 Est, 77 Sud, une part d’étudiants venant de la région IdF ou du reste de la France ; une part d’étudiants étrangers

sont :

1)le droit 

2) matériaux 

3) les filières de ST

  Toutes les autres filières souffrent de déséquilibres soit une faiblesse en terme de nombre et d’espace de recrutement en L et/ou en Master, d’autres d’un recrutement soit centré uniquement dans l’ombre portée de l’université y compris en Master, d’autres d’une faiblesse de recrutement local, voire régional ou national. Les structures fortement attractives sont partout les IUP, aussi bien dans les secteurs qui tournent où ils sont l’ossature, hors droit où il constitue l’une des structures les plus attractives, que dans les secteurs moins attractifs ou à attractivité déséquilibrée où ils présentent des profils similaires aux secteurs qui tournent c’est vrai pour Miage, l’IUP Bio-informatique, l’IUP d’éco, Architecture des Systèmes en informatique. Dans les secteurs en crise de SSG ce sont les seuls à présenter ce profil de filières équilibrées et attractives (IUP Commerce et vente et IUP « Asie » en gestion après la disparition graduelle d’autres formations attractives comme hôtellerie, et l’IUP ADT (métiers de la ville et du sport). A côté des IUP pointent quelques Master Pro qui tirent leur épingle du jeu, on peut citer par exemple CSI (SSG) et Droits de l'Homme (Droit) que l'on présentait comme icompatibles et concurents et qui ont en fait trouvé chacun un public large...A suivre à fur et à mesure des informations fondées des collègues!

 

 

 

Yves Sabourdy

 

 

 

 

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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 14:29

Nous supposons que la France perde subitement ses cinquante premiers physiciens, ses cinquante premiers chimistes, ses cinquante premiers physiologistes, ses cinquante premiers mathématiciens, ses cinquante premiers poètes, ses cinquante premiers peintres, ses cinquante premiers sculpteurs, ses cinquante premiers musiciens, ses cinquante premiers littérateurs ;

Ses cinquante premiers mécaniciens, ses cinquante premiers ingénieurs civils et militaires, ses cinquante premiers artilleurs, ses cinquante premiers architectes, ses cinquante premiers médecins, ses cinquante premiers chirurgiens, ses cinquante premiers pharmaciens, ses cinquante premiers marins, ses cinquante premiers horlogers ;

Ses cinquante premiers banquiers, ses deux cents premiers négociants, ses six cents premiers cultivateurs, ses cinquante premiers maîtres de forges, ses cinquante premiers fabricants d'armes, ses cinquante premiers tanneurs, ses cinquante premiers teinturiers, ses cinquante premiers mineurs, ses cinquante premiers fabricants de draps, ses cinquante premiers fabricants de coton, ses cinquante premiers fabricants de soieries, ses cinquante premiers fabricants de toile, ses cinquante premiers fabricants de quincaillerie, ses cinquante premiers fabricants de faïence et de porcelaine, ses cinquante premiers fabricants de cristaux et de verrerie, ses cinquante premiers armateurs, ses cinquante premières maisons de roulage, ses cinquante premiers imprimeurs, ses cinquante premiers graveurs, ses cinquante premiers orfèvres et autres travailleurs de métaux ;

Ses cinquante premiers maçons, ses cinquante premiers charpentiers, ses cinquante premiers menuisiers, ses cinquante premiers maréchaux, ses cinquante premiers serruriers, ses cinquante premiers couteliers, ses cinquante premiers fondeurs, et les cent autres personnes de divers états non désignés, les plus capables dans les sciences, dans les beaux-arts, et dans les arts et métiers, faisant en tout les trois mille premiers savants, artistes et artisans de France.

On ne désigne ordinairement par artisans que les simples ouvriers ; pour éviter les circonlocutions, nous entendons par cette expression tous ceux qui s'occupent de produits matériels, savoir : les cultivateurs, les fabricants, les commerçants, les banquiers et tous les commis ou ouvriers qu'ils emploient.

Comme ces hommes sont les Français les plus essentiellement producteurs, ceux qui donnent les produits les plus importants, ceux qui dirigent les travaux les plus utiles à la nation, et qui la rendent productive dans les sciences, dans les beau-arts et dans les arts et métiers, ils sont réellement la fleur de la société française ; ils sont de tous les Français les plus utiles à leur pays, ceux qui lui procurent le plus de gloire, qui hâtent le plus sa civilisation ainsi que sa prospérité ; la nation deviendrait un corps sans âme, à l'instant où elle les perdrait ; elle tomberait immédiatement dans un état d'infériorité vis-à-vis des nations dont elle est aujourd'hui la rivale, et elle continuerait à rester subalterne à leur égard tant qu'elle n'aurait pas réparé cette perte, tant qu'il ne lui aurait pas repoussé une tête. Il faudrait à la France au moins une génération entière pour réparer ce malheur, car les hommes qui se distinguent dans les travaux d'une utilité positive sont de véritables anomalies, et la nature n'est pas prodigue d'anomalies, surtout de celles de cette espèce.

Passons à une autre supposition. Admettons que la France conserve tous les hommes de génie qu'elle possède dans les sciences, dans les beau-arts, et dans les arts et métiers, mais qu'elle ait le malheur de perdre le même jour Monsieur, frère du Roi, Monseigneur le duc d'Angoulême, Monseigneur le duc de Berry, Monseigneur le duc d'Orléans, Monseigneur le duc de Bourbon, Madame la duchesse d'Angoulême, Madame la duchesse de Berry, Madame la duchesse d'Orléans, Madame la duchesse de Bourbon, et Mademoiselle de Condé.

Qu'elle perde en même temps tous les grands officiers de la couronne, tous les ministres d'État (avec ou sans départements), tous les conseillers d'État, tous les maîtres des requêtes, tous ses maréchaux, tous ses cardinaux, archevêques, évêques, grands-vicaires et chanoines, tous les préfets et les sous-préfets, tous les employés dans les ministères, tous les juges, et, en sus de cela, les dix mille propriétaires les plus riches parmi ceux qui vivent noblement.

Cet accident affligerait certainement les Français, parce qu'ils sont bons, parce qu'ils ne sauraient voir avec indifférence la disparition subite d'un aussi grand nombre de leurs compatriotes. Mais cette perte des trente mille individus, réputés les plus importants de l'État, ne leur causerait de chagrin que sous un rapport purement sentimental, car il n'en résulterait aucun mal politique pour l'Etat.

D'abord pour le raison qu'il serait très facile de remplir les places qui seraient devenues vacantes ; il existe un grand nombre de Français en état d'exercer les fonctions de frère du Roi aussi bien que Monsieur ; beaucoup sont capables d'occuper les places de prince tout aussi convenablement que Monseigneur le duc d'Angoulême, que Monseigneur le duc de Berry, que Monseigneur le duc d'Orléans, que Monseigneur le duc de Bourbon ; beaucoup de Françaises seraient aussi bonnes princesses que Madame la duchesse d'Angoulême, que Madame la duchesse de Berry, que Mesdames d'Orléans, de Bourbon et de Condé.

Les antichambres du château sont pleines de courtisans prêts à occuper les places de grands officiers de la couronne ; l'armée possède une grande quantité de militaires aussi bons capitaines que nos maréchaux actuels. Que de commis valent nos ministres d'Etat ! Que d'administrateurs plus en état de bien gérer les affaires des départements que les préfets et les sous-préfets présentement en activité ? Que d'avocats aussi bons jurisconsultes que nos juges ? Que de curés aussi capables que nos cardinaux, que nos archevêques, que nos évêques, que nos grands vicaires et que nos chanoines ? Quant aux dix mille propriétaires vivant noblement, leurs héritiers n'auront besoin d'aucun apprentissage pour faire les honneurs de leurs salons aussi bien qu'eux.

 La prospérité de la France ne peut avoir lieu que par l'effet et en résultat des progrès des sciences, des beaux-arts et métiers ; or, les princes, les grands officiers de la couronne, les évêques, les maréchaux de France, les préfets et les propriétaires oisifs ne travaillent point directement au progrès des sciences, des beaux-arts, des arts et métiers ; loin d'y contribuer, ils ne peuvent qu'y nuire, puisqu'ils s'efforcent de prolonger la prépondérance exercée jusqu'à ce jour par les théories conjecturales sur les connaissances positives ; ils nuisent nécessairement à la prospérité de la nation en privant, comme ils le font, les savants, les artistes et les artisans, du premier degré de considération qui leur appartient légitimement ; ils y nuisent puisqu'ils emploient leurs moyens pécuniaires d'une manière qui n'est pas directement utile aux sciences, aux beaux-arts et aux arts et métiers ; ils y nuisent, puisqu'ils prélèvent annuellement, sur les impôts payés par la nation, une somme de trois à quatre cents millions sous le titre d'appointements, de pensions, de gratifications, d'indemnités, etc., pour le payement de leurs travaux qui lui sont inutiles.

Ces suppositions mettent en évidence le fait le plus important de la politique actuelle ; elles placent à un point de vue d'où l'on découvre ce fait dans toute son étendue et d'un seul coup d'œil ; elles prouvent clairement, quoique d'une manière indirecte, que l'organisation sociale est peu perfectionnée ; que les hommes se laissent encore gouverner par la violence et par la ruse, et que l'espèce humaine (politiquement parlant) est encore plongée dans l'immoralité.

Puisque les savants, les artistes et les artisans, qui sont les seuls hommes dont les travaux soient d'une utilité positive à la société, et qui ne lui coûtent presque rien, sont subalternisés par les princes et par les autres gouvernants qui ne sont que des routiniers plus ou moins incapables.

Puisque les dispensateurs de la considération et des autres récompenses nationales ne doivent, en général, la prépondérance dont ils jouissent qu'au hasard de la naissance, qu'à la flatterie, qu'à l'intrigue ou à d'autres actions peu estimables.

Puisque ceux qui sont chargés d'administrer les affaires publiques se partagent entre eux, tous les ans, la moitié de l'impôt, et qu'ils n'emploient pas un tiers des contributions, dont ils ne s'emparent pas personnellement, d'une manière qui soit utile aux administrés.

Ces suppositions font voir que la société actuelle est véritablement le monde renversé.

Puisque la nation a admis pour principe fondamental que les pauvres devaient être généreux à l'égard des riches, et qu'en conséquence les moins aisés se privent journellement d'une partie de leur nécessaire pour augmenter le superflu des gros propriétaires.

Puisque les plus grands coupables, les voleurs généraux, ceux qui pressurent la totalité des citoyens, et qui leur enlèvent trois à quatre cents millions par an, se trouvent chargés de faire punir les petits délits contre la société.

Puisque l'ignorance, la superstition, la paresse et le goût des plaisirs dispendieux forment l'apanage des chefs suprêmes de la société, et que les gens capables, économes et laborieux ne sont employés qu'en subalternes et comme des instruments.

Puisque, en un mot, dans tous les genres d'occupations, ce sont les hommes incapables qui se trouvent chargés du soin de diriger les gens capables; que ce sont, sous le rapport de la moralité, les hommes les plus immoraux qui sont appelés à former les citoyens à la vertu, et que, sous le rapport de la justice distributive, ce sont les grands coupables qui sont préposés pour punir les fautes des petits délinquants.

Quoique cet extrait soit fort court, nous croyons avoir suffisamment prouvé que le corps politique était malade ; que sa maladie était grave et dangereuse ; qu'elle était la plus fâcheuse qu'il pût éprouver, puisque son ensemble et toutes ses parties s'en trouvaient affectés en même temps. Cette démonstration devait précéder toutes les autres ; car ceux qui se portent bien (ou qui croient se bien porter) ne sont nullement disposés à écouter les médecins qui leur proposent les remèdes ou le régime convenables pour les guérir. Dans le second extrait, nous examinerons quel est le remède qu'il convient d'administrer au malade.

 Henri Saint Simon L'organisateur 1819

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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 00:17

(*) Le gouvernement renonce à mentionner la sélection à l’entrée du master, mais l’envisage pour un autre texte législatif ou réglementaire. Il élargit l’effectif possible du conseil d’administration (jusqu’à 30 membres), mais affaiblit encore la démocratie en introduisant une forme de scrutin majoritaire (proportionnelle avec bonification pour la liste majoritaire) dans l’élection des personnels enseignants au conseil d’administration.



Le Président de la République et le gouvernement, s’ils ont différé de quelques jours la communication de la version quasi définitive du texte de loi, n’ont pas changé d’orientation, ni pris en compte les aspirations de la communauté universitaire.

La question du collectif budgétaire en fournit la preuve manifeste. En reportant à la loi de finances 2008 de nouveaux crédits, le Président de la République fait l’économie de plus d’un an d’engagements budgétaires supplémentaires pour l’enseignement supérieur et la recherche, au mépris de ses promesses de campagne. Il faut soutenir le projet d’un collectif budgétaire de 600 Millions d’euros pour l’année 2007 déposé hier à l’Elysée par le SNESUP.

Le message du gouvernement, selon lequel les moyens coïncideraient avec l’autonomie actée dans les établissements, est un mensonge caractérisé puisque la dissolution des conseils d’administration et la désignation des présidents, pourrait intervenir avant décembre.

En organisant un face à face médiatique entre le gouvernement et les seuls étudiants et CPU, sans prendre en compte les enjeux, en particulier de recherche, qui sont au cœur du supérieur tant dans l’élaboration des connaissances que dans l’articulation de celles-ci avec les enseignements, le gouvernement trompe la communauté universitaire, les étudiants et l’opinion.

Le texte de loi, rendu public aujourd’hui, confirme les très sérieuses remises en cause des missions globales des enseignants-chercheurs, de leurs responsabilités scientifiques et de leurs statuts. Il met en péril le lien essentiel recherche-formation de l’Enseignement Supérieur. L’interpellation adressée au gouvernement par l’assemblée générale des sections du CNU hier (voir sur le site www.snesup.fr) souligne à juste titre les dangers considérables de disparition des commissions de spécialistes d’établissements qui portent les exigences et la cohérence des disciplines constitutives des champs de recherche et de formation. Nous exigeons le maintien des commissions de spécialistes dans leur principe ainsi que le maintien d’une vague nationale de recrutements d’enseignants-chercheurs. Ce serait un coup très sévère porté contre les missions mises en œuvre individuellement par les enseignants-chercheurs et collectivement par les universités. Il est inacceptable de transférer les compétences de recrutement, de détermination des obligations de services et de choix scientifiques aux seuls présidents d’université et d’instaurer des possibilités de recrutements précaires hors statut à toutes les fonctions. La communauté universitaire est en capacité de se mobiliser dans l’unité pour y faire échec. Le SNESUP s’y emploie sans réserve.
Quoi qu’en dise le gouvernement, le risque d’un enseignement supérieur à deux vitesses est bien réel. La fixation par la loi d’un calendrier de dévolution de compétences à tous les établissements (budget global, gestion des postes et carrières, patrimoine) ne retire rien à la visée politique forte de ce projet : constituer quelques établissements richement dotés et alimentés par les fondations, concentrant les laboratoires et les écoles doctorales, à côté d’établissements appauvris dont les formations ne seraient pas garanties au-delà du niveau L.

C’est en ce sens que le SNESUP apportera sa contribution dynamique tant aux multiples initiatives et actions multiformes, qui se développent dans les universités, qu’aux Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’abord dans les établissements. Les échos venus de Toulouse, Rouen, Angers, Reims, Paris 13, etc. attestent tous de l’inquiétude et de la mobilisation des collègues. Le rendez-vous national de Paris le 2 juillet à la Sorbonne en constitue une autre étape importante. Le SNESUP y tiendra toute sa place par la participation active de syndiqués venus de tous les établissements ou qui se mobilisent en ce sens dans leur université.

Le SNESUP met en débat, au sein de l’Intersyndicale, une initiative significative dans les prochains jours.

Le SNESUP, qui ne s’inscrit pas dans une logique d’amendements du texte ni du statu quo dans les établissements d’enseignement supérieur aujourd’hui fragilisés dans leurs missions de recherche et de formation, assumera, en toute hypothèse, ses responsabilités contre un projet ministériel destructeur pour l’enseignement supérieur et la recherche.
Texte intégral du projet de loi sur www.snesup.fr

syndicat national de l'enseignement supérieur 78, rue du faubourg saint-denis 75010 Paris Tél. : 0144799610 Fax : 0142462656 Courriel : accueil@snesup.fr Site web : www.snesup.fr

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Etat de la mobilisation Univ

Notre camarade Sequinot de Lille tient à jour l'état de la mobilisation dans les universités et les IUT. Cliquez sur le lien:

http://www.univ-lille1.fr:80/snesup59-62/mobilisation/

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