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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 02:29

LE MONDE | 17.11.08 | 13h26

Le gouvernement clame haut et fort que la recherche et l'enseignement supérieur constituent ses "premières priorités". Il impose, par une série de réformes, un véritable bouleversement de ces activités, au mépris de toutes les mises en garde des étudiants et des personnels qu'il accuse d'"immobilisme". Et il communique à l'envi sur les moyens qu'il allouerait à ces secteurs. Nous ne demanderions qu'à le croire. Mais nombreux sont les éléments qui dessinent un paysage bien plus sombre, notamment pour les universités.

Pour que ces dernières puissent accueillir correctement les étudiants, il faudrait accroître leurs moyens, aussi bien matériels qu'humains. Trop de locaux universitaires sont encore dans un état lamentable. Et si de nombreux étudiants tentent de contourner l'université, en s'inscrivant dans d'autres filières, c'est notamment pour bénéficier d'un meilleur encadrement et de meilleures conditions d'études.

Les dépenses par étudiant le prouvent : moins de 8 000 euros par an à l'université, contre 14 000 en classes préparatoires. Cela a inéluctablement des conséquences sur la réussite des étudiants. Le budget 2009 nous permettra-t-il de progresser ? Il n'en est rien. En effet, nous avons appris cet été que 900 postes vont être supprimés dans l'enseignement supérieur et la recherche.

Les besoins humains seraient partiellement satisfaits à coups d'emplois de courte durée, sans avenir. Comment, face à une telle précarisation et avec de telles annonces, s'étonner que les jeunes se détournent des métiers de la recherche et de l'enseignement, que les masters recherche se vident peu à peu, que bien des laboratoires, y compris les plus prestigieux, rencontrent des difficultés pour attirer des doctorants ? Le gouvernement organise de fait la "fuite des cerveaux" qui a pourtant été l'un de ses arguments pour imposer, au nom du "déclin" de la recherche française, ses réformes.

Le gouvernement entend réduire l'échec que connaissent beaucoup de jeunes à l'université. Nous partageons cette ambition. Mais pour lutter contre l'échec, il faut améliorer l'encadrement des étudiants et remplacer, notamment en première année, les cours en amphis de plusieurs centaines d'étudiants par des enseignements en petits groupes. Ce type d'évolution pédagogique a déjà été mis en place avec succès dans certaines universités ou filières. Pour les généraliser, il faut des moyens humains et matériels.

Qui, à part la ministre, peut croire que les recours aux heures supplémentaires, déjà surutilisées et qui diminuent le temps consacré aux activités de recherche, ou à des tuteurs sans qualifications permettront d'augmenter le nombre d'heures de cours ou de dédoubler les amphis ? Le tutorat peut être nécessaire pour soutenir certains étudiants, mais il ne s'agit pas de cours en tant que tel. Le gouvernement doit donc se rendre à l'évidence et abandonner ses postulats idéologiques sur le prétendu excès de fonctionnaires : nos universités ne pourront relever le défi de la démocratisation sans création de postes.

Ce dont nous avons besoin en matière d'encadrement a été chiffré depuis longtemps et représente moins de 10 % des sommes dites supplémentaires annoncées au budget 2009. Ce sont, d'abord, 1 000 créations d'emplois d'enseignants-chercheurs pour améliorer l'encadrement en premier cycle universitaire. Mais il faut aussi donner le temps aux enseignants-chercheurs de développer leur activité de recherche en réduisant leur service d'enseignement pour se rapprocher des standards internationaux. Enfin, les établissements ont besoin d'emplois techniques et administratifs qui contribuent, notamment, à un meilleur accueil des étudiants dans des universités parfois trop "anonymes".

Qu'en est-il par ailleurs de la "priorité" budgétaire accordée à l'enseignement supérieur et incarnée par ce fameux 1,8 milliard d'euros supplémentaires mis en avant ? Nous sommes ici face à un pur effet d'annonce : la croissance des crédits budgétaires se réduit en fait à 740 millions, ce qui, avec une inflation de 3 % en 2009, correspond à une croissance réelle nulle dans une enveloppe globale de 24 milliards !

Nous sommes bien loin des discours optimistes de Mme Pécresse. Elle assure avoir amélioré les conditions de vie des étudiants alors que 9 étudiants sur 10 subissent une baisse de pouvoir d'achat du fait de décisions qui lui sont imputables (hausse des droits d'inscription, réforme des bourses). La seule réponse annoncée en cette rentrée est la possibilité pour les étudiants de s'endetter. La crise bancaire actuelle démontre, s'il en était besoin, l'inadaptation d'un tel dispositif.

Concernant la recherche, nous avons besoin de redonner de l'oxygène aux laboratoires, de permettre aux chercheurs de faire de la recherche plutôt que de passer du temps à chercher de l'argent. Les budgets de base des laboratoires vont à nouveau baisser cette année. L'augmentation du budget de la recherche est essentiellement préemptée par le crédit d'impôt recherche (CIR), dont le montant explose, mais qui n'est plus sous contrôle ni du gouvernement ni des universités. Depuis 2002, ces aides de l'Etat aux entreprises se sont accrues de 1,6 milliard d'euros, sans effet d'entraînement réel sur les dépenses de recherche privées : l'efficacité du CIR reste à démontrer.

Nicolas Sarkozy aime à parler de rupture. Assurément, la suppression de 1 000 emplois, pour la première fois depuis quinze ans, dans un secteur prétendument prioritaire en est une ! Il y en a d'autres : la marginalisation de 71 % des universités, écartées du plan campus et qui risquent d'être de plus en plus coupées de la recherche, alors que nous avons proposé une mise en synergie des universités au niveau territorial pour tirer le système vers le haut.

Dans un contexte économique fragilisé par la crise financière, où le gouvernement démontre qu'il peut en une nuit débloquer plusieurs milliards d'euros pour sauver un système bancaire en faillite, il refuse de donner aux étudiants et aux personnels les moyens de leurs ambitions. Alors même que les dépenses d'avenir sont dans l'éducation, l'université et la recherche.

L'avenir de la France est-il servi par ces mesures ? Assurément pas. Pourtant, la communauté universitaire aspire à des transformations, fondées sur le dialogue avec ceux qui font la recherche et l'enseignement supérieur, ceux qui en connaissent la complexité et, chaque jour, en défendent les valeurs. Ce ne sont pas que des mots : au printemps 2007, avec d'autres organisations, nous avons formulé des propositions dans le prolongement des états généraux de la recherche de 2004. Le gouvernement les a contournées, a imposé des réformes qui aggravent les difficultés.

Il est urgent et indispensable de donner une tout autre ambition à l'enseignement supérieur et à la recherche, pour passer à une nouvelle étape de la démocratisation. Comment atteindre autrement l'objectif européen de 50 % d'une classe d'âge diplômée de licence ? Au-delà de la nécessaire augmentation des moyens, il est grand temps d'engager les transformations profondes dont notre système d'enseignement supérieur et de recherche a besoin. Cela suppose de rapprocher universités et grandes écoles (où les inégalités sociales jouent à plein) ; d'ouvrir un débat national et transparent sur la carte universitaire et la carte des formations, tant les regroupements actuels d'universités sont anarchiques et autoritaires ; de revaloriser la recherche publique et ses métiers en garantissant son indépendance ; d'engager une réforme profonde du système d'aide sociale aux étudiants pour lutter contre la dégradation de leurs conditions de vie ; de lancer un véritable plan Marshall en faveur des premiers cycles universitaires. Toute autre politique préparerait une explosion des inégalités.


Jean Fabbri est secrétaire général du SNESUP-FSU ;

Bertrand Monthubert est président de Sauvons la recherche ;

Jean-Baptiste Prévost est président de l'UNEF.

Article paru dans l'édition du 18.11.08.

 

 

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 02:25

Traduit à l’échelon local d’Evry pour les dynamiques futures de recrutement, d’insertion et sans doute de financement c’est :

Les disciplines médicales, scientifiques et techniques ont la cote, c’est bon pour les UFR SFA (Sciences fondamentales et appliquées) et ST (Sciences et Technologie)

arts, communication, éducatif, sport et sciences humaines peinent à convaincre les recruteurs mauvais pour SSG (Sciences sociales et gestion)

publié le : 25/09/2008 par l’APEC

Une étude de l'Apec s'est intéressée au devenir de ces jeunes diplômés. Résultat : un marché de l'emploi globalement encore plus favorable aux débutants que pour la promotion précédente.

Beau fixe. 77% ont un emploi, soit 2 points de plus qu’un an auparavant. La moitié d’entre eux ont trouvé en moins d’1 mois. Signe que le marché est propice aux jeunes diplômés : la rapidité avec laquelle les recruteurs réagissent aux candidatures. Le délai entre leur dépôt et l’entretien d’embauche est inférieur à 8 jours dans près de ¾ des cas. Et dans la moitié des cas, il ne s’est pas passé plus de 2 semaines entre ce 1er entretien et la prise de poste. L’amélioration des conditions d’emploi des jeunes diplômés reflètent l’intérêt accru pour les débutants : 70% ont décroché le statut cadre (+4 points), 62% ont obtenu un CDI (+3 points)… et le salaire médian est en progression de 5% à 27 300 euros.

Internet privilégié. Par quel moyen ont-ils été embauchés ? La réponse à une offre d’emploi a été déterminante pour 1 jeune sur 4. Majoritairement, ils ont trouvé cette offre sur le web. Internet s’affirme comme un outil privilégié pour trouver un emploi, que ce soit par l’envoi d’une candidature spontanée, les Cvthèques ou encore les réseaux sociaux. Si 2% des jeunes diplômés ont trouvé grâce aux LinkedIn, Viadeo et consorts, le réseau et les relations ont été des moyens d’accès à l’emploi globalement plus efficaces que l’an dernier (16%, +5 points).

Les écoles aux 1ers rangs. Les ingénieurs sont les grands gagnants de l’amélioration du marché de l’emploi pour les débutants : 88% d’entre eux sont en poste, soit 10 points de plus qu’un an auparavant. Côté écoles de commerce, 81% des diplômés ont décroché un job (+4 points). Les universitaires maintiennent juste leur position : 70% ont un emploi, contre 69% l’an dernier. On y remarque de grandes disparités entre les filières. Si les disciplines médicales, scientifiques et techniques ont la cote, celles comme arts, communication, éducatif, sport et sciences humaines peinent à convaincre les recruteurs.

Source : Apec, Diplômés de 2007, septembre 2008

 

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 10:53
Des amis nous font parvenir des informations et des documents.
Nous publions ici quelques photos inédites...



L'adjoint jeune, pas grand 1,64 mais que du muscle, aurait pu faire l'option sport



L'adjoint agé en discussion avec son ex adjoint.....

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 21:16
 

Et encore le Monde a pris des gentils, parfois des complaisants voire des "obligés". Quand les collègues de l’éducation nationale subissent le zèle « gestionnaire » des cadres socialisants ou de leurs collègues de cette mouvance leur enthousiasme pour le parti à la rose diminue aussi singulièrement.  Après le triste épisode de l’odieux  Claude Allègre, le PS avait un peu retrouvé des couleurs dans le milieu,  face à une droite agressive il apparaissait comme une alternative…maintenant ???


Les intellectuels jugent le PS
LE MONDE | 14.11.08 | 13h47

'est peu dire que le Parti socialiste est déboussolé. Et du coup, selon les cas, muet, hésitant ou inaudible. Les exemples ? Ils abondent. En l'espace d'un mois, quatre débats majeurs auraient dû permettre au premier parti de l'opposition, fort de ses quelque 320 parlementaires, de faire entendre sa différence, ses analyses, ses propositions : la création du revenu de solidarité active, la poursuite de l'engagement militaire français en Afghanistan, le plan de soutien aux banques face à la crise financière, enfin la loi de mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement. Qu'ont fait les parlementaires socialistes ? Ils ont approuvé le Grenelle de l'environnement. Mais dans les trois autres débats, ils se sont tout simplement abstenus. Incapables de trancher, de sortir du ni oui ni non, ils se sont réfugiés aux abonnés absents.

 


Accédez à l'intégralité de cet article sur Lemonde.fr
http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/11/14/les-intellectuels-jugent-le-ps_1118705_823448.html




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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 14:04

"Avant tout, nous étions requis, une fois de plus, par la tâche quotidienne. Il ne nous reste, pour la plupart, que le droit de dire que nous fûmes de bons ouvriers. Avons-nous toujours été d’assez bons citoyens ?"

Marc Bloch, L’Étrange défaite, 1946 [1940 pour la rédaction]

 

 

Faire circuler !

 

La réunion du 8 novembre aux Olympiades, à Paris, a réuni un public varié : représentants d’associations professionnelles et de sociétés savantes, de conseils d’universités, enseignants-chercheurs, chercheurs, enseignants, parents d’élèves sont venus de toute la France. Ils ont collectivement rédigé un texte d’appel, l’"appel du 8 novembre" :

"L’ÉDUCATION NATIONALE EN DANGER".

Dans un premier temps, et pour saisir les deux ministères concernés par la réforme, ainsi que la CPU, ce texte doit être signé par des COLLECTIFS, ASSOCIATIONS, CONSEILS UNIVERSITAIRES et PERSONNALITÉS REPRÉSENTATIVES (académiciens, membres de l’Institut, professeurs du Collège de France, présidents d’universités, de sections CNU, de jurys de concours, etc.) à l’adresse suivante appeldu8novembre@orange.fr.

Cette adresse NE DOIT PAS être utilisée pour les signatures individuelles : vous pourrez les saisir d’ici quelques jours directement en ligne.

MERCI D’ADRESSER POUR SIGNATURE CE TEXTE AUX ASSOCIATIONS, COLLECTIFS, CONSEILS AUXQUELS VOUS APPARTENEZ OU QUE VOUS REPRÉSENTEZ.

 

Appel du 8 novembre

L'Education Nationale en danger !
Pour une vraie formation des enseignants


Les enseignants-chercheurs, les enseignants, les chercheurs, les parents d'élèves, les membres
du personnel de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur ou de la recherche et les
étudiants, réunis ce samedi 8 novembre à l'Université Diderot-Paris 7, protestent contre la mise en oeuvre précipitée d'une réforme radicale de la formation des enseignants. Cette réforme est porteuse à terme d'un véritable bouleversement dans la nature des formations et dans le statut des savoirs au sein de l'enseignement primaire, secondaire et universitaire. Elle met gravement en danger la qualité de la  formation des élèves à tous les niveaux de l'Éducation nationale. Elle complète et renforce la destruction du système national d'éducation et de recherche et contribue à mettre en position de concurrence établissements, formations et acteurs de l'enseignement.

Cette transformation radicale de la formation des enseignants et des concours de recrutement a été engagée sans demander l'avis de celles et ceux qui assurent cette formation ou en bénéficient. Ce mépris manifeste pour les principaux intéressés (enseignants et étudiants) va de pair avec l'imposition d'un rythme effréné qui dissimule mal la volonté de faire taire toute réflexion critique. Récemment,  plusieurs présidents d'universités parisiennes ont pu parler de véritable « farce » à propos de ce  processus. Le manque de précision quant au contenu des futurs concours et le calendrier absurde  proposé par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche nécessitent donc une  réponse ferme et claire.
Soucieux de ne pas nous laisser imposer un traitement dans l'urgence d'une question
aussi importante socialement et scientifiquement, nous demandons l'abandon de tout
calendrier pour la remise de nouvelles maquettes de masters et le retrait de ce projet
ministériel sous sa forme actuelle.

À ce titre, le « moratoire » demandé est la condition indispensable pour le lancement d'un
débat national impliquant tous ceux qui sont concernés par la formation des enseignants et devant  déboucher sur des négociations avec les ministères concernés. En conséquence, ce moratoire ne saurait se limiter à un répit de quelques mois.

Les signataires de cet appel font leurs les cinq principales critiques qui se sont exprimées
durant les dernières semaines :

a) La destruction d'une véritable formation professionnelle et disciplinaire, initiale et continue,  des enseignants. D'un côté, les épreuves des concours sont vidées en grande partie de leur contenu disciplinaire, et, de l'autre, la suppression de l'année de stage qui suit la réussite au concours - au nom de purs calculs budgétaires – remet en cause toute formation professionnelle sérieuse, la « didactique » n'ayant pas de sens en l'absence d'une réelle pratique de classe en responsabilité.

b) La fragilisation de nombreuses formations à l'Université. De fait, dans toutes les disciplines
dont le principal « débouché professionnel » immédiat est l'enseignement, cette réforme aura des effets néfastes sur la qualité – et le nombre - des travaux de recherches en Masters et en Doctorat mais aussi sur la nature même de la formation en Licence. En ce qui concerne l'agrégation, si elle semble épargnée du point de vue disciplinaire, la confusion entre le master et la préparation au concours rend son avenir incertain.

c) L'extension de la contractualisation et de la précarisation dans l'enseignement primaire et
secondaire. Le recrutement de vacataires sera en effet mécaniquement facilité par l'existence d'un nombre important d'étudiants détenteurs d'une qualification reconnue par un diplôme mais non reçus aux concours nationaux.

d) Une atteinte grave à l'articulation entre enseignement et recherche ainsi qu'à la nature des
connaissances et des savoirs produits et transmis dans l'université comme dans l'enseignement
primaire et secondaire. Sur ce point, le lien est manifeste entre cette réforme de la formation et la réforme des enseignements en cours dans l'ensemble de l'Éducation Nationale (au lycée, la distinction entre matières obligatoires et matières optionnelles, la semestrialisation, la possibilité évoquée d'un recrutement direct des contractuels par les chefs d'établissement ; dans les écoles primaires et maternelles, la réduction unilatérale du temps scolaire, la suppression des RASED, la remise en cause des petites et moyennes sections des écoles maternelles).

e) L'injustice et la perte de la diversité sociales du futur corps enseignant (auxquelles
s'ajouteront les incertitudes sur les débouchés professionnels) : le prétendu prolongement
d'études ne sera en effet qu'un prolongement des études non rémunérées.

C'est pourquoi nous appelons à l'issue d'un large débat national à des négociations sans préalable afin de garantir et promouvoir

 1. le respect du caractère national de tous les concours de recrutement pour l'enseignement
secondaire avec maintien d'un concours et d'un jury national (composé de personnes spécialistes des matières concernées), assorti d'un lien explicite entre la réussite aux concours et l'accès (après un stage de titularisation) à un poste et un statut de fonctionnaire d'État

2. une préparation aux concours de recrutement tant pour les professeurs des écoles que pour les enseignants du secondaire, qui en amont reste ancrée dans des licences disciplinaires, et qui, en aval, préserve une année de formation professionnelle rémunérée postérieure à la réussite au concours

3. le respect de la base disciplinaire dans les masters comme dans les concours de recrutement pour les enseignants du secondaire, selon les caractéristiques propres à chaque discipline

4. le maintien d'une formation pratique initiale, postérieure à la réussite au concours, rémunérée et liée à une charge d'enseignement réduite, ainsi que le développement d'une formation continue disciplinaire au sein des universités.

5. La place centrale de la recherche dans les enseignements à l'université et son rôle essentiel dans la formation des futurs enseignants.
Un des enjeux fondamentaux du débat national proposé sera l'articulation entre masters et
concours, afin de préserver un enseignement et une recherche de qualité pour tous les étudiants mais aussi une vraie formation disciplinaire et professionnelle pour les futurs enseignants.

Les signataires de cet appel se retrouveront le samedi 22 novembre à 10 h pour analyser les

réactions et réponses suscitées et pour lancer toute action qu'ils jugeront utile contre cette réforme néfaste
.


http://www.sauvonsluniversite.com/
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 20:26
Extrait du livre de Jacques Cotta, « Riches et presque décomplexés » (Fayard), p 125.
> LA CFDT ET M. CHÉRÈQUE, EN PRIVÉ
> Compte rendu de la rencontre organisée le 27 mars 2007, entre leader de la centrale et le cercle patronal « ETHIC », dirigé par Mme Sophie de Menthon.
> Extrait du livre de Jacques Cotta, « Riches et presque décomplexés » (Fayard), p 125.
> Quelques jours après le petit-déjeuner en compagnie de deux cents membres d'Ethic et de François Bayrou, mon téléphone sonnait. On me demandait si je désirais participer à un remake, cette fois-ci au Cercle interallié et en compagnie de François Chérèque. Le leader de la CFDT face à des patrons déterminés à la veille de la présidentielle sur des thèmes sociaux, politiques et économiques ne pouvait laisser indifférent. Mais une mauvaise surprise m'attendait, la veille dudit petit-déjeuner: un contrordre fut donné dans des termes qui ne pouvaient qu'aiguiser ma curiosité:
> - Sophie de Menthon vous fait dire que si cela ne tenait qu'à elle il n'y aurait pas de problème, mais c'est M. Chérèque qui pose comme condition l'absence de tout journaliste.
> - Même en demeurant discret?
> - Même, nous sommes désolés. Il nous a dit que c'était une condition absolue à sa venue.
> Le lendemain matin, je décide de passer outre. Je gravis les marches du Cercle interallié, passe le petit perron de l'entrée surmonté d'une imposante et néanmoins gracieuse marquise, ignore un valet de pied en jaquette noire et gilet rouge et pénètre dans le petit salon réservé pour le leader de la CFDT. Étonnement de la secrétaire d'Ethic préposée aux badges, air confus de ma part, incompréhension feinte pour obtenir enfin l'autorisation de m'installer dans un coin de la salle avec engagement strict de ne pas piper mot.
> Devant une assistance très réduite comparée à celle venue assister à la prestation du leader de l'UDF, Sophie de Menthon accueille l'invité:
> - Cher François Chérèque, c'est un grand plaisir. Mais laissez-moi vous dire, à vous qui avez eu par le passé le courage de soutenir des réformes difficiles, que je déplore l'absence de la presse. Vous auriez dû au contraire médiatiser au maximum cet événement, vu l'importance de votre discours.
> - Merci de m'accueillir. Et commençons donc par la presse. J'ai demandé à ce qu'elle ne soit pas présente car j'ai décidé de vous parler franchement, sans détour, directement. Entre nous, sans journalistes, ce sera plus simple!
> - Pour nous confier des secrets? plaisante la salle.
> Je connaissais la connivence qui peut exister entre les partenaires sociaux. «Les réunions à répétition rapprochent», dit-on. Mais là, il s'agit de tout autre chose. François Chérèque promet le discours de la vérité comme s'il se trouvait dans une réunion de famille qu'il ne faudrait pas perturber.
> Durant une heure, je vais de surprise en surprise. Le leader de la CFDT réserve à ses hôtes très satisfaits un discours des plus politiques. «L'économie est poussive» et «le premier des problèmes concerne l'investissement» car nous «n'avons pas décliné les objectifs de Lisbonne».
> - Plus clairement? demande Sophie de Menthon.
> - Les réformes de la recherche, des régimes sociaux, des retraites, de l'assurance-maladie, de la santé, des hôpitaux n'ont pas été accomplies.
> En une phrase, François Chérèque fait siennes l'ensemble des mesures qui ont pesé dans le vote négatif du peuple français le 29 mai 2005. Mais qu'importe, la salle communie.
> Il aborde ensuite «l'organisation du marché du travail», «l'existence de la précarité», mais aussi d'une «trop grande rigidité pour les entreprises». Il dénonce le développement de la sous-traitance comme «facteur d'augmentation des inégalités».
> - D'inégalité pour qui? demande un curieux dans la salle.
> J'attends une réponse syndicale. Surprise!
> - Pour les petites entreprises, répond du tac au tac le leader de la CFDT.
> Je me tourne vers mon voisin de table:
> - Je croyais qu'il parlait des employés. Pour un syndicaliste il est assez ouvert, non?
> - Oui, mais si les entreprises ne vont pas bien, les employés non plus. Ce qui compte, c'est l'entreprise, et lui, il a compris!
> Au micro, François Chérèque en est à la dénonciation de «la culture du conflit», condamne «la CGT qui pousse à la grève dans les ports de Marseille», ou «FO qui fait la loi chez les communaux», «la nécessité d'y imposer une CFDT qui aujourd'hui y a des problèmes».
> - Comment? questionne Sophie de Menthon.
> - Par tous les moyens!
> - Je suis troublée, vous reprenez nos positions, que nous exprimons publiquement, intervient la présidente d'Ethic.
> Galvanisé, Chérèque annonce la nécessité de «faire évoluer le contrat de travail», de ne «pas opposer la flexibilité à la rigidité», de réaffirmer «l'attachement à l'Europe» alors que «nous avons mis le drapeau bleu blanc rouge le jour anniversaire du traité de Rome, ce qui était lamentable».
> - Reste la méthode? demande Sophie de Menthon.
> Alors le président de la CFDT parle de «représentativité». Il a déjà rencontré à plusieurs reprises «les conseillers de Sarkozy et le candidat lui-même» avec qui ils sont «plutôt tombés d'accord». Il faut «reconnaître les syndicats dans les entreprises», et non plus au niveau national indépendamment des élections à la base.
> - Atomiser l'interlocuteur, c'est ça qu'il faut, me glisse à l'oreille mon voisin attentif.
> François Chérèque, comme s'il lui répondait en écho, développe l'exemple de Renault. «S'il n'y a pas de licenciement», c'est uniquement parce que «les ouvriers prennent aujourd'hui les jours qui correspondent aux 35 heures de 2008». À l'inverse, à Sandouville, «la production est à flux tendu», donc «ils font 42 heures par semaine».
> - Mais c'est génial! s'exclame Sophie de Menthon.
> - En discutant à la base, la flexibilité s'organise et s'impose d'elle-même.
> - Pourquoi, avec ce discours, êtes-vous au premier rang dans les manifestations?
> - J'ai manifesté contre le CPE car le ministre avait été ridicule dans la forme. Mais sur le fond, nous sommes bien sûr d'accord pour revoir le contrat de travail.
> Dans la salle on est au bord de l'applaudir.
> - Votre différence n'est pas assez marquée avec la CGT, insiste Sophie. Même si Thibault est assez positif, il existe des possibilités de débordement.
> - Sur le terrain, c'est parfois compliqué, mais plus on va vers l'entreprise, je vous le répète, plus les salariés acceptent tout cela. Prenez l'accord Bosch sur le temps de travail. II y a 200 accords du même type, mais personne n'en parle. Laissons les choses se faire dans les entreprises, il y a une adaptation!
> - Vous avez des priorités?
> - La protection sociale sera le gros morceau. Il faut finir le travail sur les retraites après ce qui a été commencé sur les régimes spéciaux. Puis reconnaître que les CDD en lieu et place des CDI, c'est trop paralysant. Donc redistribuer vers l'assurance chômage qui sera plus sollicitée. Enfin, la sous-traitance, dossier difficile...
> - Pas tant que cela, intervient un des vingt membres d'Ethic installé dans la salle.
> - Si, par exemple, prenez Airbus. À vous je le dis : l'État n'a pas à mettre un sou. Il faut faire à Airbus ce qui a été fait à Boeing! Augmenter et développer la sous-traitance et mettre tout cela en concurrence.
> - Mais vous y êtes arrivé sur  les retraites? C'était bien plus chaud, non?
> Le leader syndicaliste en serait presque à bicher.
> - Vous accepteriez d'être ministre du Travail de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal?
> - Non, je suis beaucoup plus utile à la place que j'occupe. Je peux faire de la pédagogie. Ségolène a compris sur les retraites, par exemple, et elle n'est plus pour l'abrogation de la loi Fillon. En mettant la gauche face à ses contradictions, on aboutit au discours de Villepinte où la candidate socialiste fait de la dette sa priorité et reconnaît l'économie de marché. Mais pour cela, il faut être là où je suis.
> - Puisqu'on est entre nous, vous voterez pour qui?
> - Je peux vous dire que nous avons vu tous les candidats, outre l'extrême droite ou l'extrême gauche. Surtout les deux principaux et Buffet par respect pour elle et aussi parce que sur des notions comme la flexisécurité, elle serait sans aucun doute d'accord. D'ailleurs, l'extrême gauche a aussi fait un pas. Elle reconnaît le marché et la décentralisation.
> - Vraiment?
> - Mais oui, Arlette a pris un coup de vieux, vous savez!
> Dans la salle on s'esclaffe.
> - Vous voyez bien le mal que j'aurais eu si la presse avait été présente.
> - Pour qui voteriez-vous donc? insiste Sophie de Menthon.
> - Nous ne donnons jamais de consigne à la CFDT.
> - En privé?
> - Sarkozy nous a présenté un calendrier pour les réformes et moi et ça me va très bien. On s'y met dès juillet.
> Sourire de Sophie de Menthon et satisfaction de la salle.

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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 10:22

Un décret malin !

Comme pour la question des salaires et de l’ensemble de la rémunération le gouvernement procède à la manière des Horaces fractionner et classer les EC de façon à éviter un front commun des « Mercedes et de Trabants ».

Le ton est donné dès l’article 1, puisque si les lois de 83 et 84 sont rappelées, il est clairement mentionné que la LRU et le présent décret donnent la ligne !

La loi de 1984 est tranquillement vidée de son contenu sans être abrogée et l’égalité de traitement supprimée, exit l’égalitarisme et son cortège de dérives, les corps d’EC paient leur incapacité à faire le ménage et à utiliser la totale liberté dont ils jouissaient.

Article 2

C’est au CA comme prévu par la LRU qu’il appartient de fixer les services et les présidents ne peuvent plus reculer ou ils appliquent et fini le « Cher collègue » ou ils démissionnent…il y aura quelqu’un pour les remplacer confer les avantages offerts ![1]

 

Article 3

Les missions d’orientation professionnelle et d’insertion des étudiants sont intégrée dans les missions des EC….

 

Article 4

C’est un petit chef d’œuvre, après avoir rappelé les données de base de 84 les 192 h et le recherche la deuxième partie contrebalance la première partie de l’article…

 

II - Dans le respect des dispositions de l’article L. 952-4 du code de l’éducation et compte tenu des priorités scientifiques et pédagogiques, le conseil d’administration ou l’organe en tenant lieu, définit les principes généraux de répartition des services entre les différentes fonctions des enseignants-chercheurs. Il fixe également les équivalences horaires applicables à chacune de ces activités ainsi que leurs modalités pratiques de décompte.

Le président ou le directeur de l’établissement arrête les décisions individuelles d’attribution de services des enseignants-chercheurs dans l’intérêt du service, après consultation, du directeur de la composante et du directeur de l’unité de recherche concernés. Le tableau de service de chaque enseignant-chercheur lui est transmis en début d’année universitaire et est adapté pour chaque semestre d’enseignement. Il peut comporter un nombre d’heures d’enseignement inférieur ou supérieur au nombre d’heures de référence mentionné au I en fonction de la qualité des activités de recherche et de leur évaluation par le conseil national des universités ou le conseil national des universités pour les disciplines médicales, odontologiques et pharmaceutiques.

Les principes généraux de répartition des obligations de service et les décisions individuelles d’attribution de services ne peuvent conduire à dégrader le potentiel global d’enseignement, tel qu’il est prévu dans le contrat entre l’Etat et l’établissement.

Dans le cas où il apparaît impossible d’attribuer le service de référence à ces personnels, le président ou le directeur de l’établissement leur demande de compléter leur service dans un autre établissement public d’enseignement supérieur de la même académie sans paiement d’heures complémentaires. La région d’Ile-de-France est, pour l’application des dispositions du présent alinéa, considérée comme une seule et même académie.

 

 

 

 

Il y a un système de prise en tenaille qui oblige les différents acteurs à passer par le chat de l’aiguille, la contrainte budgétaire et les systèmes croisés d’évaluation.

Le CA est obligé de tenir compte de l’évaluation du CNU pour les services comme pour les promotions…mais ce dernier n’est pas libre !

Le CNU voit son rôle renforcé mais aussi instrumentalisé comme rouage de « gouvernance «  pour parler novlangue sociale-libérale ou libérale-sociale…

Comme l’AERES donne de son côté une évaluation à travers l’évaluation des laboratoires et des établissements, le CNU[2] est lui aussi dans un système de dépendance et de contrôle.

Bref c’est le retour de l’état.

Pour obtenir le texte du projet cliquez sur le lien.

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/02/34/72/LRU/decret08-statut-ec-.pdf



[1] Voir les mesures sur les primes….

[2] En attendant les textes le refondant dans son organisation, le mode de désignation de ses membres et sans doute les sections…

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 22:48

De la "tournée à l'américaine" de François à l'e-management comme mode de gestion en AES à Evry...Un petit air de ressemblance.
On ne plaque pas la modernité n'importe comment.
Bref achetez  Jour de Fête de Jacques Tati!
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 15:26

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/10/bertrand-monthu.html

Le choc des arguments : jeudi dernier, Le Figaro  a publié une interview de Valérie Pécresse, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Bertrand Monthubert, le président de Sauvons la Recherche a voulu lui répondre. Voici leurs arguments : le texte de l'interview de la ministre suivi des commentaires de Bertrand Monthubert, de longueurs équivalentes.

Le Figaro : Le départ des chercheurs français à l'étranger, où ils sont notamment mieux payés, est l'un des gros problèmes de la recherche française. Quelles solutions comptez-vous mettre en oeuvre pour les faire revenir ?

Valérie PÉCRESSE. - À l'heure où la France traverse une conjoncture difficile, le gouvernement a choisi de donner la priorité à la recherche et à l'innovation. Pour 2009, nous avons décidé de renforcer l'attractivité de tous les métiers de l'enseignement supérieur et de la recherche.

D'abord, nous attirerons les talents vers ces métiers en reconnaissant le doctorat comme une première expérience professionnelle et en revalorisant les débuts de carrières des maîtres de conférence. Leur rémunération augmentera de 12 à 25 %. Pour éviter la fuite des cerveaux vers les laboratoires étrangers, nous distinguerons les 130 jeunes enseignants-chercheurs les plus prometteurs en leur offrant une chaire de cinq ans dotée d'une prime annuelle (de 6 000 à 15 000 €) et d'un capital pour leurs recherches (de 50 000 à 100 000 €). Mais nous devons aussi être offensifs. Je veux faire venir ou revenir de l'étranger d'excellents chercheurs. C'est pourquoi j'ai demandé à l'ANR (Agence nationale de recherche) de lancer en 2009 un programme «Retour post-doc» pour une quinzaine de lauréats. Ils bénéficieront chacun de financements allant jusqu'à 600 000 ou 700 000 € sur trois ans. Ils disposeront ainsi des moyens pour constituer une petite équipe et développer un projet de recherche. C'est une invitation au retour des chercheurs prometteurs partis de France.

 

Bertrand Monthubert : Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Un programme destiné à 15 personnes ne sert à rien, autant jouer au loto ! Cela veut dire qu'on va faire revenir un historien, ou un philosophe, un physicien, peut-être un ou deux biologistes... Quant aux 130 enseignants-chercheurs les plus prometteurs, là encore le nombre fait sourire : on recrute environ 2000 maîtres de conférences chaque année, par définition ils débutent donc il est extrêmement difficile de déterminer lesquels sont les plus « prometteurs » ! De plus, les informations dont nous disposons idiquent que cela ne se passera pas comme ça : des « chaires CNRS » seraient attribuées à certains laboratoires, avant même le recrutement.
Ces mesures sont donc cosmétiques. Et visent à masquer une réalité plus sombre : cette année on va supprimer 900 emplois dans la recherche et l'enseignement supérieur. Les chaires dont parle Valérie Pécresse seront en réalité des postes de maîtres de conférences, déjà existants, avec une prime financée par des emplois supprimés au CNRS. Il va donc y avoir des suppressions d'emplois  de titulaires pour les docteurs cette année, pour la première fois depuis longtemps.

 

Vous vous rendez jeudi à l'ANR, l'Agence nationale de recherche, une des pièces maîtresses du nouveau système mis en place par la réforme. Trois ans après sa création, qu'a-t-elle apporté ? 


L'ANR a pris toute sa place dans notre paysage de recherche : elle est aujourd'hui en vitesse de croisière. Elle a sélectionné 4 500 projets, portés par 12 000 équipes de recherche publiques et privées. Elle a permis de distinguer les équipes de recherche d'excellence, comme dans les autres grands pays d'innovation, et d'augmenter en moyenne les crédits de fonctionnement des laboratoires de 25 %. Pour certains d'entre eux, la hausse atteint même 50 %.

 

BM : Cela ne veut rien dire que de parler d'augmentation moyenne des crédits des labos dans ce cas : l'ANR finance des équipes à l'intérieur des labos, on a donc des équipes très bien financées (parfois même trop bien, elles ne savent pas comment utiliser l'argent !) à côté d'équipes sous-financées. Et ce n'est pas la qualité scientifique seule qui crée ces inégalités : quand on travaille sur une thématique à la mode, on a beaucoup plus de chance d'être financé. Pourtant, les modes passent vite, et quand quelque chose est à la mode, il est souvent à la veille d'être dépassé.

Par ailleurs, cette hausse du budget de l'ANR s'est faite au détriment des crédits de base des laboratoires. Le bilan net est donc nettement moins bon !

 

 

Quel rôle va jouer l'ANR dans le cadre de la définition de la stratégie nationale de recherche que vous allez mettre en place à partir de 2009 ? 


Notre paysage de recherche se transforme. Nous voulons placer les universités, qui deviennent autonomes, au cœur de notre dispositif, et faire évoluer les organismes de recherche davantage vers une mission d'agence de moyens. L'ANR financera d'une part des priorités définies par le gouvernement, qui correspondent aux besoins de la société (nouvelles énergies, santé…). Elle aura aussi pour mission de favoriser les partenariats entre les laboratoires publics de recherche et les entreprises, qui sont aujourd'hui insuffisants. Enfin, elle financera l'excellence et la créativité pure, dans le cadre des programmes «blancs», non thématiques.

 

BM : le coeur du système, ce ne sont pas les universités, mais l'ANR. Et cette agence, comme le dit Valérie Pécresse, finance principalement la recherche sur les priorités gouvernementales. C'est une politique à courte vue : les avancées scientifiques sont imprévisibles, pour avancer sur le cancer, par exemple, on a besoin de progrès importants en biologie fondamentale. Lesquels viendront peut-être de progrès dans l'outillage de laboratoire, et donc d'autres disciplines comme la physique, la chimie. Par exemple, le laser est aujourd'hui devenu essentiel dans les laboratoires. Il a pourtant été créé par des physiciens pour des raisons de physique théorique. Ce n'est donc pas en se focalisant sur des créneaux étroits que la recherche peut avancer, elle a besoin d'apports variés et non-planifiables.

 

 

Comment s'articule l'ANR avec les organismes de recherche ? 


L'ANR vient compléter l'action des organismes de recherche en attribuant des moyens nouveaux aux équipes les plus audacieuses, celles qui prennent le risque d'aller vers des champs inexplorés, celles qui s'engagent sur des thèmes prioritaires ou qui nouent des liens de partenariats avec le secteur privé. Les chercheurs de talent ont tout à gagner de l'ANR. Les financements sur projets organisés dans le cadre de l'ANR ont-ils déjà eu des effets positifs ?L'ANR a insufflé un nouvel état d'esprit dans la communauté scientifique française. Elle a prouvé que la recherche sur projet pouvait se faire dans toutes les disciplines y compris en sciences humaines et sociales. Elle a ouvert la voie à de nouveaux partenariats à la fois entre équipes de disciplines différentes mais également entre chercheurs français et étrangers : de nombreux appels à projets conjoints vont être lancés avec des agences européennes, ce sera le cas en 2009 pour Alzheimer. Désormais, nos chercheurs sont entrés dans une nouvelle culture. Les résultats sont là : la France se situe au deuxième rang dans les appels à projets du Conseil européen de la recherche.

 

BM: cela fait bien longtemps qu'on répond à des appels à projets, notamment au niveau européen, et si la France se distingue au niveau du Conseil européen de la recherche c'est en raison de la qualité de ses laboratoires... qui est pourtant sans cesse critiquée par le gouvernement ! Et si les chercheurs se prêtent au jeu, c'est qu'ils n'ont pas le choix : il leur faut bien trouver l'argent nécessaire pour travailler ! En revanche, pour demander d'autres orientations de la recherche, un moratoire sur les expertises de l'ANR a été lancé, et déjà signé par plus de 1 300 experts potentiels.

Revenons sur la question du risque : l'ANR finance des projets de 3 ans. C'est très insuffisant pour de la recherche à risque. Pour se lancer dans un projet audacieux, il faut avoir la sérénité de penser qu'on va pouvoir travailler pendant plusieurs années, sans peut-être trouver de résultat immédiatement. Or aujourd'hui on veut des résultats rapides : ce n'est pas si compliqué, il suffit de se lancer dans des projets dont on sait à peu près à l'avance sur quoi ils vont déboucher. Ce n'est pas comme ça que se font les grandes avancées.

 

 

L'ANR est-elle aussi en mesure de favoriser la créativité des chercheurs ? 


C'est l'objet des programmes libres qu'on appelle «programmes blancs». Un chercheur reçoit un financement pour un projet de recherche qu'il a lui-même défini, si son excellence est reconnue par ses pairs. L'ANR doit promouvoir encore davantage la créativité de nos chercheurs. J'ai donc décidé cette année d'augmenter de 25 % la part de ces programmes blancs, en les faisant passer de 28 à 35 % de la programmation de l'ANR ; et je suis prête à aller au-delà.

 

BM: on peut voir dans cette augmentation une victoire pour les chercheurs qui critiquent depuis le début la part trop importante du financement sur les priorités thématiques. Mais la réponse n'est pas suffisante : les programmes blancs de l'ANR sont une forme de financement rigide, avec un appel d'offre par an. Si on donnait l'argent directement aux laboratoires, sur la base de leur évaluation, on pourrait être beaucoup plus réactifs. L'ANR est une forme de centralisation excessive.

 

 

Certains chercheurs reprochent à l'ANR d'être pilotée par le pouvoir politique. Que répondez-vous ?

 

Il est légitime que l'État finance prioritairement certains programmes de recherche pour répondre à des urgences sociales ou aux défis du XXIe siècle : le développement durable par exemple. La recherche est d'abord au service de la société. Cela dit, nous avons besoin d'élaborer avec l'ensemble de la communauté scientifique, les acteurs économiques et les représentants de la société civile, un document de référence pour les cinq ans à venir : la stratégie nationale de recherche et d'innovation qui nous permettra de mieux hiérarchiser les priorités, d'allouer efficacement nos crédits et de garantir aux chercheurs une visibilité à moyen terme.

 

BM : ce gouvernement, comme le précédent, a montré le peu de cas qu'il fait des propositions de la communauté scientifique. Par ailleurs, s'il appartient aux responsables politiques (incluant le parlement, systématiquement contourné par le gouvernement) de  fixer les grandes orientations de la recherche, la manière dont cela se décline dans une politique scientifique est l'affaire de ceux qui font la science. Or le gouvernement veut s'en mêler : ce n'est pas son rôle.
Mais la phrase la plus choquante est peut-être la suivante : «  La recherche est d'abord au service de la société ». Cela témoigne d'un angélisme confondant. Car la recherche produit des résultats scientifiques, qui ensuite peuvent être utilisés de façon diverses. Ainsi, la découverte de l'ADN a été fondamentale pour la biologie moderne. Et nous bénéficions chaque jour de produits de cette découverte. Mais il y a un an, le gouvernement a décidé d'utiliser des tests d'ADN dans le cadre de sa politique d'immigration, suscitant des réactions citoyennes très vives. Il est très important que les citoyens puissent participer au choix de ce qui peut être utilisé comme résultats de la recherche.


Publié le 21 octobre 2008 dans politique | permalien

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 11:13

Contractuel ! L’expérience de l’université d’Evry. Ou chronique 1 de la vie ordinaire d’une université.

 

 

La LRU ouvrira largement la  possibilité de recrutement de contractuels enseignants. Souvent la presse présente cette nouvelle procédure comme la possibilité d’embaucher des « vedettes » mais la réalité est plus prosaïque et nettement moins médiatique.

Le plafonnement des emplois publics conduira à un recours massif à des contractuels de base pour boucher les trous, faire ce que les EC ne veulent pas faire, occuper des emplois pour lesquels en l’état il n’existe pas de profil d’E.C correspondant, etc.

L’université d’Evry a la malchance de posséder un secteur, l’UFR de Sciences Sociales et de Gestion   où toutes les erreurs, les dérives, les caricatures de ce que ne doit pas être l’enseignement supérieur se concentrent ou ont existé. C’est aussi une chance car c’est un concentré de ce qu’il ne faut ni défendre quand on est syndicaliste, ni laisser se développer ou reproduire quand on est responsable d’établissement ou à un autre niveau.

A côté des Past, d’une nuée de vacataires cet écrin pour exemples de dysfonctionnements universitaires abrite un bel exemple de contractuel enseignant de type commun.

Il doit son recrutement à l’une des merveilles du système local, la multiplication des diplômes et options (presque une par EC au dernier quadriennal) et aux multiples fâcheries et brouilleries qui font le charme de cette Cour des Miracles universitaire.

C’est une des raisons d’un recrutement de contractuel à cette époque, les autres étant en théorie le manque de titulaires mais la ruée sur les HC et la distribution d’heures de vacation suffisaient, restait une vraie raison l’inadaptation ou l’incompétence des EC du cru.

Voilà donc notre chercheur et docteur 24°, réservé et  discret, recruté il y a 8 ans ou 9 ans en CDD pour assister un MCF 19° très personnel qui s’occupait d’un IUP. Les raisons de ce recrutement :

a)      Du côté de la présidence : éviter qu'un des Dipsodes[1][1] de sociologie ne fasse main basse sur l’IUP

b)      Côté du MCF recruteur, faire plaisir à une personnalité du CNRS, dans le système des services rendus et sans doute quelques illusions….

c)      Du côté de l’intéressé un salaire plus régulier que de vivre sur des contrats, CNRS bloqué et spécialité de thèse très étroite.

Et le contractuel fut oublié….de temps en temps, selon ses interlocuteurs le MCF « patron » s’en plaignait ou le louait….en interne il jouait les seigneurs, les mandarins de banlieue ou du bled, se croyant dans une université africaine il pensait en féodal d’opérette avoir droit de basse et haute justice sur le contractuel. Jamais le contractuel n’avait accès aux informations générales, jamais aux réunions, il était isolé, cantonné dans un rôle ingrat et il ne fallait pas qu’il comprenne l’université et ait accès aux relations extérieures au service. Bref le schéma classique de direction local, du comportement vis à vis du personnel du petit bourgeois progressiste à l’extérieur[2][2], tyran domestique, mesquin et réactionnaire dans son quotidien et son environnement proche.

 Petit à petit des collègues ont découvert le « contractuel » se sont aperçu qu’il parlait, et parlait même deux langues de manière courante étant issu de l’espace britannique,  pensait, qu’en fait que c’était lui qui « tenait » la baraque avec la secrétaire et même qu’il avait publié, qu’il publiait et parfois directement en anglais, assurément plus que son patron le MCF et la majorité des PR et MCF de l’UFR SSG !

Sa découverte a faillit lui causer la perte de son poste, depuis que son existence est connue le MCF « patron » se répand en griefs, accusations sur l’incompétence du contractuel, le menace de faire sauter son poste….Las, las pour notre « petit chef » la législation ayant évoluée le contractuel est maintenant en CDI….et le petit chef n’est plus directeur de l’IUP !

Mais croyez-vous que tout va bien maintenant pour notre contractuel ? A première vue oui, énumérons :

Il paraît indispensable car il n’y a pas d’EC qui sache et puisse faire le travail qu’il fait et il est peu probable que l’université en recrute d’autres dans le secteur sauf si elle est suicidaire…

Il publie et est avec quelques vacataires dans le peloton de tête de ceux qui publient en SSG

Il maîtrise bien ce qu’il fait et fait tourner le diplôme avec la secrétaire, quelques vacataires et des intervenants extérieurs

Sa conduite, très anglo-saxonne,  des mémoires et de la professionnalisation (qu’il assure seul de la licence au masters 2) semble donner de bons résultats puisque le nombre de chômeurs issus de l’IUP est bien moindre que ceux produit par les autres filières de sciences humaines et sociales de l’UFR.

Il a un CDI…

 

Mais il est marqué par le destin comme cette UFR par la médiocrité. Le nouveau chef, un PR 19° issu du moule local de la Cour des Miracles, mais dissident…Devenu chef de l’AES et de l’IUP reprend les bonnes méthodes locales vis à vis du contractuel….mais en "modernisées", c’est maintenant de l’e-management, on se croirait dans un mauvais "remake" de Jour de Fêtes, mais à la limite on  va finir par préférer les facteurs…..

 

C’est  le triste destin du contractuel de base !

 

 

 

 



[1][1] Dipsodes  = les  Assoiffés chez Rabelais….

[2][2] Il a même faillit adhérer au Snesup, mais… le montant de la cotisation l’a retenu et le Snesup sentait un peu le souffre pour ses amis socialistes tendance Sego/Kouchner….

[3][1] Dipsodes  = les  Assoiffés chez Rabelais….

[4][2] Il a même faillit adhérer au Snesup, mais… le montant de la cotisation l’a retenu et le Snesup sentait un peu le souffre pour ses amis socialistes tendance Sego/Kouchner….

[5] Les EC de ce secteur qu’ils soient PR ou MCF au lieu d’accabler le contractuel, de se décharger sur des vacataires ou des Prag feraient mieux de faire la démonstration de leur légitimité comme Enseignants Chercheurs. Sont-ils publiants ?  1° ils ne savent pas de quoi il s’agit, 2° la majorité d’entre eux ne l’est pas ! Connaissent-ils le fonctionnement administratif et financier de l’enseignement supérieur ? Non leur manière de gérer en est la démonstration quotidienne ! Connaissent-ils le cadre qui s’impose avec la LRU ? Les dispositions pour les nouvelles habilitations ? Les nouvelles règles de financement ? Non et non, sinon 1° ils se seraient préoccupés du premier cycle et ne l’auraient pas confié à un MCF stagiaire 2° auraient étudié et travaillé les textes et évité de rendre des projets d’habilitation qui ne sont que la copie des maquettes du précédent quadriennal et ne rentrent pas dans les cadres fixés, 3° auraient eu une préoccupation du recrutement en master  et au lieu de faire du remplissage 4° se seraient préoccupé des données financières de la FC et de l’apprentissage au lieu de les saboter. Et maintenant ces parangons de l’incompétence voudraient faire porter les responsabilités des dysfonctionnement au contractuel. Il faut appliquer la doctrine dite Sarkozy mise en œuvre à la Caisse d’Epargne !

 

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Etat de la mobilisation Univ

Notre camarade Sequinot de Lille tient à jour l'état de la mobilisation dans les universités et les IUT. Cliquez sur le lien:

http://www.univ-lille1.fr:80/snesup59-62/mobilisation/

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