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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 14:27

Lancement de la campagne «Non au Pacte pour l'euro!»

Attac France lance une campagne contre l’adoption au Parlement européen de la nouvelle «gouvernance économique» de l’Union européenne, dont les dispositifs sont au cœur du « Pacte pour l’euro ». Les députés européens devront se prononcer début juin sur les propositions de la Commission européenne et des gouvernements. Or ces propositions sont dangereuses à plusieurs titres.

Elles obligeront en effet les gouvernements européens à se lancer dans une surenchère de mesures d’austérité pour satisfaire l'industrie financière, et ainsi accélérer la destruction de la protection sociale, des services publics, des retraites… et elles accorderont à la Commission européenne des pouvoirs considérables pour surveiller et sanctionner les États, sans réel contrôle démocratique (notamment des Parlements européen et nationaux).

Ces mesures sont par ailleurs en passe d’être adoptées en l’absence totale de débat démocratique alors qu’elles engagent les sociétés européennes sur la voie de l’austérité permanente pour les années à venir.

Cette véritable « révolution silencieuse » risque de mener à une accentuation de la crise économique sociale avec la mise en place de politiques de plus en plus radicales ; et de contribuer notamment au développement de l’extrême-droite en Europe. Les partis sociaux-démocrates doivent désormais faire le choix d’un néolibéralisme assumé, ou d’une rupture avec le modèle économique dominant.

Dans ce contexte, Attac se mobilise contre l’adoption de cette « gouvernance économique » néolibérale :

  • Avec le réseau des Attac d’Europe, une pétition européenne a été mise en place afin d’appeler les députés européens à refuser les dispositions inacceptables de gouvernance économique.
  • Attac demandera à rencontrer les partis politiques français afin de connaître leur position, et effectuera un travail de communication dans les médias afin de faire connaître l’importance cruciale de ce vote.
  • Les comités locaux d’Attac sont invités à se mobiliser en organisant des réunions publiques, et en interpellant leurs élus locaux sur le vote au Parlement européen, sur la base d’une lettre-type.
  • Les résultats de la pétition européenne seront présentés aux formations politiques européennes en amont du vote au Parlement européen, le 6 juin. Une délégation composée de représentants d’Attac et d’organisations partenaires, y compris européennes, se rendra à Strasbourg au Parlement européen afin d’interpeller les députés européens. Les comités locaux sont invités à soutenir la délégation.

Contre le démantèlement de la protection sociale, la baisse des salaires, la destruction des services publics, et la prise en otage de la démocratie ; pour de véritables alternatives, et une convergence des luttes en Europe, il est encore temps d'agir !

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 17:55

http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2011N9551

Pétition Lettre ouverte à l’attention de M. CHAZAL, Directeur du CROUS de Strasbourg

Pour: M. CHAZAL, Directeur du CROUS de Strasbourg

Lettre ouverte à l’attention de M. CHAZAL, Directeur du CROUS de Strasbourg

Monsieur le Directeur,
Les organisations signataires de cette lettre entendent protester vigoureusement contre les conditions dans lesquelles l’étudiante étrangère Widad BELATEL s’est fait arrêter et expulser du territoire français à quelques semaines de la fin de l’année universitaire. Elles entendent aussi vous signifier leur condamnation la plus ferme du concours que votre administration a apporté à cette arrestation et par conséquent à une politique indigne et dont les étudiants étrangers présents dans les cités universitaires du CROUS ont été à plusieurs reprises les victimes.
Le mardi 19 avril, les forces de l’ordre sont entrées dans la Cité Universitaire Paul-Appell, avec l’autorisation de la direction du CROUS et une aide manifeste de la Directrice de la Cité Universitaire qui les a guidées jusqu’à la chambre de cette étudiante. Cette aide directe que vous avez apportée aux forces de l’ordre n’est pas une première, puisqu’en octobre dernier celles-ci avaient déjà bénéficié du soutien de la directrice dans l’arrestation d’un autre étudiant, fait attesté dans la délibération du Juge des Libertés.
Pour nous il existe un principe simple : tout étudiant régulièrement inscrit à l'Université doit pouvoir terminer son année en France. Nous tenons à vous rappeler que le CROUS a vocation, par l’ensemble des aides, services et soutiens divers qu’il procure, à favoriser l’égalité d’accès des étudiants à l’Enseignement Supérieur, principe dont les étudiants étrangers bénéficient au même titre que les étudiants de nationalité française. Nous observons ensuite que le CROUS de Strasbourg est le seul CROUS de France à avoir apporté une telle contribution à une inadmissible chasse aux sans-papiers. Enfin nous vous faisons remarquer que votre comportement va à l’encontre de la politique de l’Université de Strasbourg qui tente, avec ses moyens propres et le concours de diverses associations et organisations syndicales, de soutenir ses étudiants étrangers et de tout mettre en œuvre pour limiter les expulsions, ce dont témoigne aussi une motion votée à l’unanimité par le Conseil d’administration de l’UdS (1).
L'attitude bienveillante que vous manifestez à l’égard de la politique gouvernementale ne vous est pas imposée et relève de votre responsabilité et de votre choix personnel. Or vous considérez que cette attitude est normale, puisque, dans vos propos rapportés par l’édition des DNA du 21 avril, vous estimez que vous n’avez pas « à entraver l’intervention de la force publique » au prétexte que vous dépendez du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. A notre connaissance ce ministère n’a pas encore signifié aux directeurs de Crous qu’ils devaient apporter une aide aux arrestations, ce qui serait scandaleux. En totale contradiction avec vos propos, vous admettez d’ailleurs que la décision d’autoriser les forces de l’ordre vous revient de droit et que celles-ci ne peuvent pas intervenir sans votre accord. En conséquence vous avez bien eu une attitude de collaboration avec « la force publique ».
Nous vous prions enfin de considérer attentivement ceci : être étudiant en situation irrégulière, c’est le plus souvent être la victime d’une politique de stigmatisation des étrangers, d’une politique du chiffre, conduite depuis plusieurs années par notre gouvernement. Nous ne saurions vous demander de condamner cette politique. Mais au moins pourriez vous agir dans un sens qui ne l’aggrave pas.
Comptez sur notre détermination, Monsieur le Directeur, à tout mettre en œuvre pour que le CROUS de Strasbourg change de comportement à l’égard des étudiants étrangers et pour que plus jamais vous n’apportiez votre concours à une politique qui bafoue les traditions d’accueil et les valeurs humanistes de notre université et de notre ville.
Liste des signataires : UNEF, SUD Etudiants, UDEES, SNESUP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, SUD Education UDS, SNPREES-FO, SNTRS-CGT, SES-CGT, CGT CROUS, SGEN-CFDT UdS, Collectif des Contractuels et Vacataires de l’UdS (CONVACS), Le Parti de Gauche 67, PCF 67, MJS 67, NPA 67, Union des Etudiants Communistes (UEC), FSU Alsace, Justice et Libertés, Ligue des Droits de l’Homme (section de Strasbourg).

(1) Motion du CA de l’Université de Strasbourg du 28-09-2010 (adoptée à l’unanimité) :
Le Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg, informé des mesures de rétention administrative ou d’expulsion dont sont menacés plusieurs de ses étudiants, demande aux autorités préfectorales de reconsidérer ces mesures afin que ces étudiants soient traités avec dignité et puissent jouir de leurs droits à poursuivre leurs études à l’université. Il souhaite qu’un examen attentif et bienveillant des situations individuelles aboutisse à des mesures de régularisation. L’Université de Strasbourg, qui s’est bâtie sur un socle de valeurs humanistes, souhaite ainsi maintenir sa tradition d’accueil et d’ouverture aux étudiants étrangers.


Les signataires

http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2011N9551

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 10:21

Le samedi 30 avril 2011, comme chaque fin de mois, ça fera déjà dix jours que nous serons à découvert.

Nous sommes salarié-e-s au SMIC, en CDD, en Interim, à temps partiel, en Contrat Unique d’Insertion, stagiaires de longue durée à 30% du SMIC, bac + 5 en Service Civique à 540€ par mois, auto-entrepreneurs, pigistes, intermittents, chômeurs en Interim, travailleuses au black au RSA, travailleurs au black, jeunes n’ayant pas droit au RSA, saisonniers, étudiants-salariés...

Nous galérons pour trouver un emploi et un logement, pour payer le loyer. Nous galérons pour remplir le caddie chez ED.

Nous voulons vivre, pas survivre. Nous voulons payer des impôts. Nous voulons payer nos restos, aller au ciné, partir en vacances, arrêter de taxer nos parents, avoir le temps et la place pour élever des enfants, nous doucher avec du gel douche bio, manger du filet de bœuf plutôt que des surgelés, aller chez le dentiste pour retrouver le sourire.

Notre précarité est une insulte au passé, alors que nos parents et nos grands-parents ont travaillé pour notre accès à l’éducation, à la sécurité sociale, pour le droit du travail, et pour notre liberté. Privés de stabilité et soumis à la flexibilité, notre avenir est hypothéqué. “C’était mieux Avant”, on finit par le croire.

Parce que nous refusons cette fatalité, nous ne nous laissons pas abattre par ce manque de perspective. Nous sommes des millions ! On se croise tous les jours dans la rue, dans le métro, au boulot, dans les facs, à Pôle Emploi ou à la CAF, ou à l’heure de l’apéro.

Nous sommes éparpillé-e-s et isolé-e-s.

Le samedi 30 avril, rassemblons-nous. A défaut de se payer notre brin de muguet du 1er mai, célébrons le pissenlit pour ne pas le manger par la racine. Avant la fête des travailleurs, retrouvons-nous pour la journée du Pissenlit, fête des précaires. Ce jour là, rendons nos galères visibles.

Quelles que soient vos convictions, vos revendications, votre situation, rejoignez nous. En écho à l’énorme mobilisation des précaires portugais le 12 mars, nous vous donnons rendez-vous à Paris tout au long de la rue de Lisbonne, pour un défilé festif, pacifique et non-partisan contre la précarité. Fabriquez pour l’occasion vos propres panneaux, pancartes, banderoles, et inscrivez-y vos coups de gueules et vos messages.

Rendez-vous le samedi 30 avril pour un défilé festif, pacifique et non-partisan !


Carole, 28 ans, salariée depuis 10 ans, au SMIC, encore dépendante de ses parents.
Xavier, 36 ans, chômeur, auto-entrepreneur.
Lily, 25 ans, bac+5, en Service Civique prolongé à 540 euros par mois.
Dimitri, 24 ans, serveur, travaille 50 heures par semaine dont 30 heures non déclarées.
David, 26 ans, chômeur en reconversion professionnelle dans le secteur social.
Nikos, 27 ans, vacataire dans la fonction publique.

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 10:05

 

LES FAMEUX ENNEMIS DE MES ENNEMIS

  

 

Les ennemis de mes ennemis ne sont pas forcément mes amis : Kadhafi en est un exemple.

 

Que signifie pourtant l’agression en cours contre la Libye ? Qui peut faire semblant de croire, même pour un instant de raison, que les buts de la coalition franco-anglo-américaine, soutenue par la très démocratique Ligue Arabe, serait de donner une chance à la démocratie en Libye ? Comment peut-on, en se disant de gauche, voire communiste, employer cette novlangue médiatico-politique qui, depuis l’agression illégale de l’OTAN en Yougoslavie, appelle « frappes » ce que, dans le langage commun, il convient d’appeler des « bombardements », et ce que l’on désigne comme « victimes civiles » des « dommages collatéraux » ?

 

Quel parrainage entend-on donner à l’avenir « démocratique » de la Libye ? Celui du Qatar et des Émirats Arabes Unis ? Celui de Cameron et de Berlusconi ?

 

Je me borne à poser des questions.

 

Les bombardements perpétrés par les armées de Kadhafi dans le cadre de la guerre civile en cours sont des horreurs. Comme étaient des horreurs, pour ne prendre que cet exemple, les bombardements au phosphore de Gaza par l’armée israélienne. Mais on n’a jamais – même parmi les plus fervents défenseurs du peuple palestinien, demandé que les positions militaires israéliennes soient bombardées. Et Sarkoléon est demeuré sans sourciller « les bras ballants ». Sommes-nous plus solidaires des insurgés libyens que des palestiniens ? Comment, pourquoi, admettrions-nous le principe kouchnero-bushien du « droit d’ingérence » ? Appartient-il aux « démocraties » occidentales et à leurs valets dictatoriaux du monde arabe d’exporter le bicaméralisme universaliste ?

 

Nous vivons désormais dans un pays en guerre – comme si celle d’Afghanistan ne suffisait pas. Et les talibans sont un autre exemple d’ennemis de mes ennemis qui ne sont pas mes amis. La Méditerranée est une région en guerre. Les premiers morts de cette guerre sont victimes des bombes françaises. Les amis libyens de nos ennemis exultent ; ils regrettent que les bombardements n’aient pas été plus précoces et ne soient pas plus intenses ; militants d’une guerre civile, ils regrettent de ne pas avoir plus d’alliés plus investis à leurs côtés ; cela se comprend ; mais cela justifie-t-il à soi seul cette intervention ?

 

« Les caisses sont vides », dit volontiers notre va-t-en-guerre « national » mais pas au point de lésiner sur les dépenses militaires, celles qui tuent de loin par la mer ou de haut par les airs, sans grand risque pour nous vaillantes forces armées.

 

On peut craindre qu’avec des amis comme la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, les libyens, même insurgés, n’aient pas besoin d’ennemis. C’est le monde qui se reconfigure. Je ne suis pas sûr que les peuples en sortent gagnants.

 

Emprunté à L.L.... 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 22:57
Nous empruntons une petite perle au blog de Henri Audier http://blog.educpros.fr/henriaudier/
Par Henri Audier, le 17 mars 2011

Comme prévu, les résultats des Labex du Grand emprunt ont donné lieu à la plus grande patouille jamais vue en France. Chacun le sait, il y a un milliard à distribuer, mais en capital, pour 240 réponses à l’appel à projet. Tout début mars, les « jury internationaux » se sont réunis et auraient sélectionné « en A+ » 39 projets dont 9 en SHS.

Mais ça se passe mal, et même très mal en SHS. Les résultats devaient être donnés le 17 mars, puis reportés au 18, puis reportés à la semaine d’après. Etrange, car il faut en gros deux heures entre la fin du jury d’un vrai concours et l’affichage des résultats, juste le temps nécessaire au Président du jury pour aller faire signer sa liste au ministère. Pourtant, dès le 7 mars, des gens bien introduits annoncent déjà, dans leurs laboratoires, qu’ils ont gagné à ce loto. La liste est donc connue et c’est bien là le problème.

Car la liste connue, c’est la panique au ministère, Matignon appelle, un conseiller de l’Elysée intervient aussi. Car blasphème il y a : le jury a classé en C notre plus grand centre d’économie hyper-excellent, que nous appelleront ici EET pour préserver son anonymat. Pensez-vous, ces experts internationaux sont nuls ! L’EET est reconnu internationalement, mais sans doute sauf des experts internationaux du jury ! Elle est financée par la plus grosse fondation à laquelle ont participé banques et assurance. Et s’il n’y avait que l’EET ! Le ministère, Matignon, l’Elysée avaient chacun son Labex préféré, au meilleur niveau international, mais pourtant non retenu par le jury.

Mais il y a pire. Une fois la carte de France coloriée, il apparaissait que les 2/3 des régions n’avaient pratiquement rien, bien peu de chances d’avoir un Idex, et n’avaient obtenu que des clopinettes aux autres appels d’offre. Non qu’il y ait le moindre souci d’aménager le territoire, mais ce serait mal venu si, en 2012, l’opération-phare de l’effort pour l’enseignement supérieur et la recherche de la droite se transformait en sabordage des 2/3 des universités françaises. Et puis, il y a quand même les cantonales et se mettre à dos les potentats et les élus locaux, même de droite, ce n’est pas le moment ! « Ne pourrait-on pas différer les résultats après le premier tour, et même après le second tour, cela serait mieux », téléphone un parti politique dont on ne nous a pas dit le nom.

Donc, on se remet a travail, on explique aux experts internationaux qu’ils n’ont rien compris à ce qu’on attendait d’eux, qu’ils n’ont pas pris en compte « l’effet structurant » que devait avoir l’opération. On leur dit que Monsieur Ricoll, le commissaire au Grand emprunt qui est un grand scientifique connu de tous, tient beaucoup au susdit effet structurant. On arrive ainsi à faire remonter quelques labos, généralement de ceux qui n’avaient vraiment pas besoin de ça pour vivre, à rééquilibrer un peu la géographie de la France pour neutraliser les grandes gueules.

Mais, nouveau problème, qui justifie le temps nécessaire pour transmettre les résultats du jury : si on fait remonter des Labex, il faut en éliminer d’autres, à qui on avait déjà fait savoir que « c’était bon ». Et si on en met plus en SHS (on en est maintenant à 15), il faut éliminer des physiciens qui vont râler. Si on annonce 50 vainqueurs, cela va faire drôle …

Bref, on en est là. On a encore quelques jours pour trouver une solution. Même à l’ANR (qui gère le dossier) et au ministère, certains commencent à trouver qu’on pousse un peu loin le bouchon. Et encore heureux que personne ne soit au courant, car si cette histoire était connue, chacun conclurait… qu’il faut remettre à plat le Grand emprunt.

 

Apropos d'Henri Audier http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=16917

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 22:39
L'AERES évaluée, ou l'arroseur arrosé ! SNCS-HEBDO 10 n°17 du 25 octobre 2010 

Tout arrive : en avril 2010, l’AERES a fait l’objet d’une évaluation « externe » par l’European Association for Quality Assurance in Higher Education (ENQA). Le rapport d’évaluation, daté de mai 2010, n’a curieusement fait l’objet d’aucune publicité de la part de l’AERES jusqu’aux premiers jours d’octobre. Le temps sans doute pour l’Agence de mettre au point un discours rassurant, qui prend appui sur la « reconnaissance » de l’AERES par l’ENQA afin de clamer que tout va bien à bord. Mais le rapport de l’ENQA contient quelques recommandations dérangeantes pour l’AERES. L’Agence y transparaît comme ce qu’elle est depuis 2006 : une « usine à notes » cloisonnée, opaque, prestataire docile du gouvernement. Du rapport de l’ENQA, les autorités ne veulent bien sûr retenir que la note finale. La communauté scientifique, elle, n’est pas dupe.

Patrick Monfort, secrétaire général du SNCS-FSU

 

L’AERES évaluée ? Rassurons-nous : le résultat est excellent. Notre Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur est « reconnue ». Reconnue... par l’ENQA, qui, comme le raconte Wikipédia, est « depuis septembre 2008 (...) présidée par Bruno Curvale, qui est aussi le directeur des affaires internationales de l’AERES et appartenait au conseil d’administration de l’ENQA depuis 2000. Il travaillait auparavant au CNE, l’ancêtre de l’AERES ». Tout cela est manifestement une affaire de famille ! Mais les familles sont souvent cruelles. Le rapport européen sur l’AERES est en ligne, apprécions-en les meilleurs passages.

À tout seigneur, tout honneur, commençons par la notation : « Le Comité a été quelque peu intrigué [‘somewhat intrigued’] par l’attribution de notes aux formations et aux unités de recherche. [...] le Comité relève que la publication d’une note, surtout lorsqu’elle est défavorable, risque de simplifier à outrance les résultats de l’évaluation de l’unité de recherche ou de la formation. Surtout, le maintien pendant quatre ans de cette note risque de qualifier injustement l’unité ou la formation ». L’ENQA estime ainsi officiellement que la notation est une pratique incongrue, insolite dans le cadre européen, et s’élève contre le maintien d’une même note pendant quatre ans. La tentative récente du ministère pour imposer un passage à cinq ans, outre son calendrier abracadabrant, allait donc complètement à rebours de la mise en garde européenne contre les dangers de la notation. La suggestion incohérente de passer à cinq ans pour éviter la « fatigue du personnel [de l’Agence] » (sic), trahit simplement l’influence sous laquelle l’ENQA a travaillé. Si l’AERES est fatiguée d’évaluer les unités de recherche, elle n’a qu’à déléguer leur évaluation au Comité national de la recherche scientifique et aux autres instances d’évaluation d’établissements ! Cette possibilité, parfaitement légale, a été signalée au comité ENQA lors de sa visite. Curieusement elle ne fait l’objet d’aucun commentaire dans le rapport final...

À propos de l’absence de procédure d’appel, l’ENQA écrit : « Quoiqu’elle en dise, l’Agence émet des conclusions qui peuvent avoir des conséquences formelles importantes dans la mesure où ces conclusions servent ensuite à la négociation des contrats entre les établissements et leurs autorités de tutelle. Elle n’a pas de véritable procédure d’appel ». La « commission des conflits » de l’AERES, qui s’illustre surtout par son inutilité (deux dossiers réévalués en quatre ans), ne fait illusion pour personne, pas même pour l’ENQA.

L’ENQA écrit encore que « L’AERES pourrait communiquer la version préliminaire de son rapport d’évaluation aux établissements pour obtenir leurs commentaires avant la rédaction de son rapport final. [...] L’AERES pourrait aussi communiquer la version finale du rapport aux experts avant qu’il soit rendu disponible sur son site Internet. » C’est là tout simplement désavouer le nouveau décret AERES de décembre 2008, qui a donné tout pouvoir au président de l’Agence pour rédiger la version finale des rapports, sans soumettre les projets de rapports aux structures évaluées et en dessaisissant les experts de la responsabilité de leur expertise (1). On ne peut qu’être d’accord avec l’ENQA : l’évaluation est un processus collectif d’aller-retour entre les évaluateurs et les évalués. Elle ne peut pas être le verdict sans appel d’un président solitaire. Au total le rapport de l’ENQA, malgré son ton policé, est une belle volée de bois vert contre l’autoritarisme de la présidence de l’AERES. On comprend que l’enterrement de ce texte ait déjà commencé. Sur son site web, l’AERES ne célèbre que sa « reconnaissance » par une agence européenne dont on ne sait même plus si elle est sa fille ou sa mère (à moins que ce ne soit sa sœur ou sa tante). L’AERES peut bien déplorer que ses notes soient utilisées hors de leur contexte et sans les rapports qui les accompagnent : larmes de crocodile ! L’AERES elle-même oublie les critiques qu’elle reçoit pour ne retenir de sa propre évaluation que ce qui, en l’occurrence, tient lieu de note : le feu vert de l’ENQA. Foin des détails, l’AERES peut continuer.

La bureaucratie européenne a trouvé son maître : l’AERES. Elle le dit désormais explicitement. Sur le terrain, plus que jamais, refusons de collaborer à cette parodie d’évaluation (2).

1. Comme nous le dénoncions dans la VRS n°378 en septembre 2009, http://www.sncs.fr/IMG/pdf/Vrs378.pdf, « l’AERES hors-la loi », p. 25.

2. Le mot d’ordre du SNCS est, à l’exception de la participation à un comité d’expert en tant que représentant d’une instance d’évaluation d’établissement, de refuser tout enrôlement comme expert de l’AERES, cf. « Appel aux scientifiques » du SNCS le 5 novembre 2008 (http://ks35992.kimsufi.com/IMG/pdf/QUATREPAGESAPPEL.pdf) et la motion sur l’AERES adoptée au 44ème congrès d’Orléans en novembre 2009 (http://www.sncs.fr/article.php3 ?id_article=2137&id_rubrique=1574).

Nous avions de sérieux doutes sur l'institution crée par le gouvernement UMP quand nous avions constaté que l'on pouvait attribuer un A+ à une mention de master "professionnel" portant sur la coopération  internationale et la"philosophie des droits de l'Homme" alors qu'il n'y a aucune équipe recherche sur ces thèmes dans l'université, et d'après les professionnels du secteur peu de débouchés dans cette branche avec ce type de formation "littéraire"... Depuis madame Alliot-Marie a donné un exemple de ce qu'est la conception du professionnalisme UMP en matière de coopération internationale...Nous comprenons mieux aujourd'hui les critères "scientifiques" de l'AERES et donc les ressorts profond de ce master !

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 19:36

La CGT est en contact avec les syndicats japonais. L’un d’entre eux, le Zenroren nous a envoyé un message dans lequel il souligne la gravité de la catastrophe et nous invite à organiser la solidarité porter secours aux populations dans les zones sinistrées. Par ailleurs, ce syndicat nous adresse régulièrement des informations sur la situation. Nous publions les communiqués qui nous sont adressés par Keisuke FUSE, Secrétaire en charge des relations internationales du Zenroren.

 

Chers camarades du monde entier, 
Au nom des 1,2 million d’adhérents du ZENROREN, nous souhaitons remercier très chaleureusement toutes les organisations syndicales et les individus qui se sont manifestés depuis le tremblement de terre dévastateur qui a frappé la côté pacifique nord-ouest du Japon à 14:46 (heure locale), le vendredi 11 mars 2011.

Nous remercions également toutes les équipes internationales de secours qui oeuvrent sans relâche pour sauver des victimes, équipes venues de nombreux pays comme la Corée, la Chine, la Nouvelle Zélande, l’Indonésie, Singapour, les États-Unis, le Royaume uni, l’Allemagne, la France et bien d’autres encore.

Ce séisme de magnitude 9, qui a frappé les régions de Tohoku et Kanto (côte nord-est du Pacifi-que), est le plus dévastateur de toute l’histoire du Japon. Vous avez constaté dans vos médias des scènes particulièrement choquantes dans les préfectures de Iwate, Miyagi et Fukushima.

Au 14 mars, près de 2000 décès ont été confirmés et malheureusement, ce nombre va certainement s’accroître au cours des jours à venir. C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris la perte de certains de nos adhérents et de leurs êtres chers. Le Zenroren a présenté ses condoléances les plus attristées aux salariés et populations dans les régions sinistrées.

Le 12 mars, le Zenroren a immédiatement mis sur pied un comité d’aide et de secours d’urgence, pour prendre en charge les activités d’assistance de ses organisations amies. Ce comité – dirigé par le Président Daikoku – s’est réuni le 14 mars avec des représentants des fédérations de branche.

Nous avons décidé que le plus urgent était d’apporter une aide aux blessés et aux familles des défunts, ainsi qu’aux populations qui ont dû être évacuées. Mais les zones dévastées représentent une surface considérable (5 préfectures et des centaines de milliers de municipalités) et c’est pourquoi nous n’avons pas encore arrêté de procédures définitives d’organisation des secours.

Cependant, nos fédérations des transports, des territoriaux et de la santé travaillent d’arrache pied pour apporter leur aide aux populations sinistrées.

Comme vous le savez également, les accidents survenus à la centrale nucléaire de Fukushima et les fuites de matière radioactive rendent la situation encore plus complexe et les coupures d’électricité vont être un lourd fardeau pour l’activité économique du pays. Le Zenroren pense que nous devons agir tous ensemble et solidairement en ces temps particulièrement difficiles.

Nous appelons nos amis à nous adresser des messages de solidarité, ainsi qu’une aide financière s’ils le peuvent. Votre message sera publié en japonais sur le site de notre organisation et votre contribution financière servira à porter secours aux populations dans les zones sinistrées.

Nous vous remercions par avance de votre soutien. Nous allons faire tout notre possible pour maintenir à jour notre site et envoyer régulièrement des informations par courriel.

Salutations solidaires

15 mars : En raison du black-out, impossibilité de se rendre au siège de la centrale syndicale. Mais nous continuon notre travail « à distance ». La fédération de la santé a commencé à dépêcher des professionnels à Sendai et une seconde équipe partira le 16 mars.

16 mars : à 14 heures 3771 décès confirmés et 7843 disparus, selon les sources gouvernementales. Les gouvernements des régions (préfectures) annoncent plus de 10.000 disparus, qui ne figurent sur aucune liste officielle.

Nous avons malheureusement eu la confirmation de la disparition de plusieurs adhérents de notre organisation, ainsi que de leurs familles. Le nombre de morts sera beaucoup plus élevé que celui du séisme de 1995, qui avait fait 6000 victimes.

Notre fédération des territoriaux de la préfecture de Iwate rapporte que plus d’un tiers des employés municipaux sont portés disparus.

Une maison de retraite tout entière a été engloutie, emportant avec elles les pensionnaires et le personnel, parmi lesquels nos adhérents.

L’autre problème est la fuite de radiations en provenance de la centrale nucléaire de Fukushima. Le niveau a dépassé celui de Three Mile Island et la situation est plus critique d’heure en heure. Les autorités vont maintenant tenter de déverser par hélicoptère de l’eau sur la centrale.

Dans la préfecture de Tohoku, il neige depuis deux ou trois jours ; l’essence et la nourriture manquent cruellement. Le Zenroren fait de son mieux pour envoyer des médecins et des infirmières vers les hôpitaux et vers nos bureaux dans les préfectures. Tous les messages de solidarité que vous voudrez bien nous adresser seront plus que bienvenus, car ils sont un encouragement à continuer à nous battre.

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 15:07
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 15:11

 

Par ailleurs, la négociation entre ministère de la Fonction Publique et syndicats sur la "résorption de la précarité" (qui porte bien mal son titre !) tire à sa fin (réunion conclusive le 7 mars) et les propositions du gouvernement, en l'état actuel, sont encore pire que tout ce que nous avions pu imaginer :

Un dispositif de titularisation / CDIsation pour les non-titulaires actuellement en fonctions qui ressemble à une "coquille vide", vu les conditions exigées et l'absence de postes créés à cet effet

Et pour l'avenir, la possibilité inscrite dans le statut de la FP de recruter de plus en plus de contractuels en lieu et place de titulaires, pour assurer des besoins permanents (Jacob en rêvait, Baroin est en train de la faire !)

La Recherche serait particulièrement "soignée" : la plupart des CDD seraient exclus du dispositif de titularisation / CDIsation compte-tenu de leur mode de financement, et ils seraient condamnés à un nouveau type de contrat, le "contrat de projet", synonyme de "précarité à vie".

Sur ce "contrat de projet", rejeté par tous les syndicats, comme sur d'autres "points durs" de la négociation, les réponses du ministère de la FP ont été remises au 7 mars : elles seront données par Baroin et Tron en personne...

 

 

 

Lettre de l’intersyndicale à Pécresse et Tron (élu du 91 notez le !)

 

CFDT – CFTC – CGT – FSU - SOLIDAIRES

 

 

 

Paris, le 24/02/2011

Madame Valérie PECRESSE

Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

1 rue Descartes

75231 - PARIS cedex 05

Monsieur Georges TRON

Secrétaire d'Etat chargé de la Fonction Publique

139 rue de Bercy

75 572 – PARIS cedex 12

Madame la Ministre

Monsieur le Secrétaire d'Etat

Vous le savez, nos organisations sont très attentives à la situation des agents précaires de la

fonction publique.

Nous attirons particulièrement votre attention sur le conflit qui se déroule à l'Ecole Normale

Supérieure de la rue d'Ulm, Paris 5ème, depuis déjà plus de trois mois.

Les agents en situation de précarité, en particulier le personnel des cantines, sont en grève

depuis plus de cinq semaines, et 1100 personnes pâtissent de la fermeture de la cantine.

Les personnels, sous contrat à durée déterminée reconduit depuis des années (pour certains

bien plus de six années), demandent à être titularisés.

Pour les organisations syndicales signataires, il n’est pas envisageable que cette situation

conflictuelle perdure. Aussi, nous vous demandons, Madame la Ministre, de recevoir le plus

rapidement possible les délégués des grévistes, d’entendre et de prendre en compte leurs

revendications.

Les personnels précaires de l'ENS comptent sur vous pour aider à débloquer la situation

actuelle.

Dans l'attente d'une réponse favorable, nous vous prions d'agréer, Madame la Ministre,

Monsieur le Secrétaire d'Etat, l'expression de nos salutations distinguées.

Pour les organisations syndicales

CFDT – CFTC – CGT – FSU - SOLIDAIRES

THI-TRINH LESCURE

Déléguée adjointe Solidaires FP

Ci-joint pour info un courrier signé de 5 organisations syndicales qui vient d'être envoyé à V. Pécresse et G. Tron au sujet des précaires en lutte à l'ENS Ulm.

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 14:55

  

En réponse à l’UMP, Sarkozy et à quelques  nains qui se prétendent de gauche comme Valls et Cie, et pour doper les neurones avachis des pseudo révolutionnaire de la petite gauche(ex PCF, NPA, Fédération, etc.), nous vous offrons un texte résultat d’ »une analyse concrète d’une situation concrète ». Non seulement l’articulation, la construction du programme par rapport à la situation restent un modèle, mais quelques propositions demeurent d’actualité »

bibliothèque libre.

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Programme du Conseil national de la Résistance

 

Conseil National de la Résistance

 

15 mars 1944

 

 


LE CONTENU DU PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organiser des milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.

Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

le respect de la personne humaine ;

l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

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