PARIS (AFP) — Trois des initiateurs du "Manifeste pour refonder l'université française" ont tenu mardi à "dissiper toute équivoque" en se démarquant de la ministre Valérie Pécresse, qui avait répondu à ce manifeste en estimant qu'il contenait des points de "convergence" avec sa politique.
"Dans Le Monde (daté) du 19 mai, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, se réjouit de la convergence du manifeste pour la refondation de l'université avec sa propre politique", a déclaré à l'AFP le professeur Alain Caillé, en son nom et en ceux d'Olivier Beaud et de François Vatin.
"Personne n'est habilité à parler au nom des refondateurs mais, pour dissiper toute équivoque, comptant parmi les initiateurs de ce manifeste, nous croyons pouvoir dire au minimum qu'il n'aurait pas recueilli 3.500 signatures à ce jour si nos collègues s'étaient aperçu de telles convergences", a-t-il ajouté.
"Il est maintenant indispensable de laisser s'organiser ceux qui essaient de structurer un débat au sein de la communauté universitaire et de laisser à ce débat le temps de se déployer pour définir une réforme consensuelle qui redonne à l'université tout son dynamisme, au lieu de la diviser et de l'affaiblir", a-t-il conclu.
Olivier Beaud est professeur de droit à Paris-II Assas, Alain Caillé et François Vatin sont professeurs de sociologie à l'université Paris-X Nanterre.
M. Caillé est en outre directeur de La Revue du Mauss, qui a impulsé le manifeste, consultable à l'adresse http://petitions.alter.eu.org/refonder.
Outre ces trois professeurs, figurent parmi les 29 premiers signataires le philosophe Marcel Gauchet, le juriste Guy Carcassonne, le sociologue François Dubet, le philosophe Bruno Karsenti ou le mathématicien Jean-Pierre Demailly.
Lundi après-midi dans Le Monde, Mme Pécresse a écrit qu'elle était "frappée par la convergence" entre des idées du manifeste et celles qu'elle défend, rappelant les "moyens inédits" accordés par Nicolas Sarkozy à l'université.