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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 10:40

 

 

Ce texte qui circule sur les listes permet de casser des idées reçues et les analyses superficielles des

sarkozystes comme des excités superficiels. Bonne lecture!

 

Pour des universités plus justes

 

Grégoire MALLARD, professeur assistant de sociologie, Northwestern University

Éléonore LÉPINARD, professeure adjointe de science politique, Université de Montréal

Martial FOUCAULT, professeur adjoint d’économie politique, Université de Montréal

Vincent LEPINAY, professeur assistant de « science, technology and society », Massachusetts

Institute of Technology

Quatre enseignants-chercheurs français travaillant en Amérique proposent leur

regard sur le « modèle libéral » à la française : celui-ci prétend s’inspirer des États-Unis,

mais ne fait qu’accentuer des travers typiquement français ; il prétend faire confiance au

marché alors qu’il ne fait que renforcer la hiérarchie. La réforme actuelle entérine en

réalité la paupérisation générale des formes de solidarité qui affectent nos sociétés.

Ce texte reprend une version plus courte déjà publiée par les mêmes auteurs sous le titre « Une évaluation

transparente et collégiale », dans Le Monde, 6 Février 2009. Adresser toute correspondance à Grégoire Mallard, gmallard@northwestern.edu

Nous, professeurs formés en France, vivons par choix, en Amérique du nord, dans ce

monde universitaire qui sert, dans le discours des décideurs, de modèle à la réforme. Nos

universités sont « autonomes ». Nous sommes évalués par des comités strictement internes à

notre université, où siègent nos pairs et qui décident de notre titularisation (tenure) après une

période de 6 à 9 ans, la promotion la plus importante pour notre carrière. Pour prendre cette

décision, nos pairs évaluent la qualité de notre recherche en fonction de critères qualitatifs,

 

notamment en lisant nos travaux et en collectant les jugements écrits envoyés par des

universitaires du même champ de recherche que nous mais travaillant dans d’autres institutions.

Nous sommes donc évalués à la fois par nos collègues les plus proches, mais aussi par ceux qui

sont les spécialistes de notre domaine de recherche. Ces deux modalités d’évaluation garantissent

une procédure juste à plusieurs niveaux : notre engagement au sein du collectif que constitue

notre département est évalué par ceux et celles qui ont pu directement l’observer (ils et elles

disposent également des évaluations que nos étudiants donnent chaque année de notre

enseignement), et la qualité scientifique de notre travail (et non seulement sa quantité) est évaluée

par ceux et celles qui sont les plus susceptibles de la connaître de façon détaillée et de pouvoir

mesurer son apport à la recherche existante1.

Nous ne craignons pas non plus, de ce côté-ci de l’Atlantique, de savoir que c’est le

président de notre université qui décide en dernière instance de notre embauche et de notre

progression de carrière, car ses décisions ne font le plus souvent qu’avaliser celles prises par les

instances collégiales. Cette préséance, informelle, donnée au choix des assemblées

départementales sur la hiérarchie purement administrative, malgré le pouvoir exécutif concentré

dans les mains des présidents d’université, s’explique par la relation de confiance qui existe entre

les différents acteurs du processus et en particulier en ce qui concerne le jugement scientifique

émanant des pairs réunis au sein d’un même département généralement organisé sur la base d’une

même discipline (mais pas toujours). Le jugement par les pairs constitue en effet la pierre

angulaire du système universitaire nord-américain et la traduction concrète du principe de liberté

scientifique.

Pourquoi, alors que la réforme actuelle se propose d’aligner la France sur ce modèle nordaméricain,

nos collègues français craignent-ils le pire ? C’est qu’entre le modèle et son

application, il peut y avoir un gouffre selon les universités. Gouffre d’autant plus grand par

rapport aux attentes qu’il n’est pas précisé si les universités françaises s’inspireront du modèle

managérial qui se diffuse de la Grande-Bretagne à l’Europe, ou du modèle collégial nordaméricain.

1 En France, cette fonction d’évaluation est censée être remplie par le CNU. Toutefois celui-ci, composé de peu de

membres pour chaque discipline, ne peut couvrir de façon homogène tous les sous-champs de spécialités et se

retrouve débordé par la quantité d’évaluation à effectuer : c’est la recherche de toute une cohorte de futurs maitres et

maitresses de conférence ou professeur-es dans une discipline qui doit être évaluée chaque année par une vingtaine

de personnes seulement! Cette centralisation a bien évidemment comme conséquence, pour les collègues siégeant

dans ces instances, un surcroît de travail administratif.

 

Les travers du recrutement à la française vus depuis l’Amérique du Nord

En France, le système précédent avait ses défauts. Certains de nos collègues travaillent

dans des universités dont les procédures de décision collective sont opaques. Dans ces

universités-là tout particulièrement, nos collègues français redoutent de ne pas avoir leur mot à

dire sur la définition des critères d’évaluation qui seront retenus aussi bien pour l’évaluation de

leur « performance » que pour celle des futur-es candidat-es au recrutement dans leurs

départements. Comment s’assurer que c’est la collégialité, la responsabilité collective, et le

travail en commun qui vont l’emporter sur les anciennes pratiques d’opacité et de népotisme, là

où elles avaient cours ?

lire la suite....

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/02/34/72/LRU/Suite-de-l.doc

 

 

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