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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 19:11

PREMIERE REACTION DU SNESUP AUX ANNONCES DE VALERIE PECRESSE

La ministre de l'ESR est amenée aujourd'hui à reconnaître la sous-rémunération des enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs en poste dans les établissements d'enseignement supérieur. La réalité est bien noire. Nos métiers dont les conditions d'exercice se sont dégradées souffrent d'une attractivité salariale réduite tant pour les salaires de recrutement que pour ceux de milieu ou de fin de carrière de l'immense majorité des personnels. Qu'on en juge :

  • ATER à plein temps : net : 1632.04 euros (salaire éventuel des docteurs bac + 8 mini, avant obtention éventuelle d'un statut de titulaire !)
  • Salaire d'un MCF au 1er échelon classe normale net : 1680.15 euros (zone 3, sans enfants).
  • MCF fin classe normale : net : 3038.44 euros (également sommet salarial des enseignants de statut second degré classe normale).
  • Les 2/3 des enseignants-chercheurs sont des maîtres de conférences. Agrégés et MCF représentent environ 58 000 des 70 000 enseignants titulaires du supérieur.
  • MCF fin Hors Classe (HC 6e échelon, chevron A3) - idem PR fin 2e classe : net: 3580.18 euros idem PRAG HC
  • Pour information, pour moins d'un millier de professeurs en fin de carrière PR, sommet classe exceptionnelle : net : 4942.14 euros.
  • Le salaire médian (50 % gagnent plus et 50 % moins) est de 2600 euros environ !

La comparaison avec les carrières du privé est édifiante puisque le salaire le plus élevé que peuvent atteindre les maîtres de conférences est largement inférieur au salaire net moyen des cadres du privé et semi-public, qui s’élève selon l’INSEE à 3716 €.

La revalorisation des carrières est nécessaire pour assurer l’attractivité des carrières du supérieur.

Ce qu'annonce Valérie Pécresse est une réponse très partielle aux revendications syndicales mais aussi une insulte aux milliers de collègues dont la situation ne sera aucunement améliorée.

A côté de la juste prise en compte des années de formation doctorale et de stages post-doctoraux qui pourront donner lieu (pour partie) à une intégration dans l'ancienneté acquise en début de carrière provoquant une amélioration du premier salaire de titulaire, ce qui est une revendication syndicale, rien n'est proposé pour tous les personnels.

Sans aucune discussion avec notre organisation syndicale (la plus représentative), le gouvernement envisage de structurer la concurrence entre les collègues qui sont appelés à se battre entre eux pour l'obtention de primes. Primes et sélection d'une centaine de jeunes collègues sur d'obscurs critères "recherche" pour vider de son sens le statut de chercheur (moins de postes de chargés de recherche !) qui se verraient octroyer des primes mensuelles allant de 300 à 600 euros (durant 5 à 10 ans ainsi qu'une "dotation" financière pour accomplir leurs activités de recherche). Dans une logique de pseudo symétrie, sont envisagées aussi des primes (3 500 à 15 000 euros par an) pour quelques collègues dont l’« investissement » ou les « réalisations pédagogiques »

offrent un intérêt. Quel intérêt ? Qui l'estime ? Encore une fois, la carotte semble mise largement entre les mains des présidents d'université (eux verront plus que doubler leurs primes de fonction de 18 000 à 40 000 euros par an ! ) qui auront le pouvoir d'accorder et de moduler les primes.

La ministre met en avant une estimation de l'engagement budgétaire très largement surestimée (260 millions d'euros sur 3 ans), comme le sont toutes ses présentations du budget 2009 marquées d'une auto-satisfaction obstinée. La réalité budgétaire, ce sont les 900 suppressions d'emplois dans ce ministère (qui servent pour partie à financer ces mesures) et une augmentation considérable du crédit impôt recherche à l'efficacité jamais prouvée.

Opposé au système de primes, le SNESUP réclame l'augmentation des salaires pour tous. En tout état de cause, doit être proscrit tout système d’individualisation des salaires via, par exemple, comme le prévoit la loi LRU, des primes au mérite ou un intéressement. Les turbulences financières et économiques actuelles donnent à réfléchir sur un système de concurrence entre les individus qui pèse à la fois sur la dynamique collective des salariés, censés partager le même projet, et sur les dérives et dissimulations qu'engendre un tel système impossible à contrôler efficacement.

Le SNESUP se prononce pour une revalorisation indiciaire dans laquelle il soit procédé à un rattrapage du déficit de pouvoir d’achat accumulé depuis de nombreuses années. L’octroi pour tous les fonctionnaires de 40 points d’indice et l’augmentation de 5 % du point d’indice est un minimum que nous revendiquons avec l’ensemble de la FSU. Dans le supérieur, à côté de la refonte-amélioration de la grille des salaires, l'augmentation des possibilités de tous les recrutements, en particulier MCF titulaires de l'habilitation à diriger les recherches vers le corps des Professeurs d'universités et PRAG titulaires d'une thèse et qualifiés par le CNU vers le corps des MCF, marquerait une réelle amélioration des salaires et des perspectives de carrière pour tous. Ce qui est annoncé par la ministre comme élargissement des possibilités de promotions à l'intérieur des corps (atteindre 20 % de HC chez les MCF, ...) est un progrès qui doit s'accompagner d'une levée des blocages entre les corps et entre les classes (pour les PU).

Ces enjeux réels ne doivent pas masquer que l'amélioration du service public d'enseignement supérieur et de recherche passe par des recrutements de nouveaux titulaires. Un plan de création d'emplois pluriannuel est indispensable.

Lettre flash n° 17 de la direction du Snesup

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/02/34/72/LRU/lettreflash_17.pdf

Syndicat National de l’Enseignement Supérieur – 78, rue

Le SNESup national commence à refaire du syndicalisme, bien mais doit encore faire un effort!

Si les élucubrations de style Ecole Emancipée en délire sur la loi Pecresse n’avaient pas distrait la direction du SNESup, ces questions avec l’argumentaire auraient dû être au cœur du débat.

Sur notre blog depuis des semaines ce sont deux articles  modestes qui tiennent la corde dans le peloton des plus consultés:

 

Un article sur les salaires

http://www.aes-apprentissage-univ-evry.org/article-15904754.html

 

Un article qui pose la question : combien pour les enseignants qui "s’appuient" la nouvelle licence.

http://www.aes-apprentissage-univ-evry.org/article-19873423.html

 

Les collègues se préoccupent de cette question et les jeunes s’interrogent : carrière d’ingénieur ou de MCF ? PH ou galère pour MCF/PH ? Concours administratifs ou université ?

Pour les étudiants, nos jeunes collègues ou les doctorants  de certaines disciplines comme la sociologie ou la gestion, le système des combines et de l’irresponsabilité dans certaines universités peuvent conduire certains à refuser d’entrer à l’université :

http://www.aes-apprentissage-univ-evry.org/article-12910296.html


Sur les revendications et la stratégie....
 
Nous n’évoquerons pas le cas de 14 000 enseignants de second degré en université et IUT, soit 28 000 ET que le Snesup ignore splendidement comme d’habitude, nous nous contenterons de signaler que la question des salaires et de l’ensemble des modalités de promotion et de rémunération est plus complexe techniquement et POLITIQUEMENT dans le milieu que l'image qu'en donne le national.

L’absence de prise en compte des situations différentes, l’égalitarisme sans fondement dont se réclame le Snesup national n’ont pas permis une négociation sérieuse et laissé les mains libres au pouvoir et à la réaction sur la question des salaires et de la construction de l’ensemble des éléments de nos rémunérations.

Tant que le Snesup national niera la réalité de l’enseignement supérieur et couvrira des dérives  et des EC qui considèrent le service public comme un libre service Pécresse peut dormir tranquille. La majorité des collègues qui font leur travail en ont assez de tirer les marrons du feu pour la petite minorité qui profite du système….l’idée fait son chemin.
« Des primes, des primes, encore des primes » écrit David Allais dans un article que nous reprenons sur le blog! Le système n’est pas qu’une simple application des formes les plus traditionnelles du management et du « salaire » au mérite et à la côte d’amour, il est devenu indispensable pour distinguer les « Mercedes des Trabants » comme nous l'écrivait notre regretté copain Gilles.
http://www.aes-apprentissage-univ-evry.org/article-6768561.html

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Published by SNESUP EVRY - dans Snesup Evry 2008
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