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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 16:48

Non, Geneviève Fioraso n'a pas obtenu de maîtrise d'économie. L'information révélée par Mediapart détonne avec les nombreux portraits qui lui sont consacrés sur la Toile. Les biographies de Wikipédia ou encore de Who's Who font pourtant mention de deux diplômes : une maîtrise en anglais et une autre en économie. En réalité, la secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur n'a jamais suivi aucun cursus dans cette dernière discipline, rapporte le site d'informations, après avoir contacté les universités concernées.

L'information a d'ailleurs été confirmée par le cabinet de Geneviève Fioraso, qui accuse les biographes. L'entourage de la ministre a reconnu qu'elle "n'a pas de maîtrise d'économie. C'est une erreur du Who's Who que nous allons faire corriger", rapporte LExpress.

"Autre chose à faire"

Reste que, toujours selon Mediapart, Geneviève Fioraso n'a jamais essayé de démentir l'existence de ce diplôme. Mieux, dans un premier temps, son cabinet avait bel et bien affirmé au site que "Geneviève Fioraso a évidemment ses deux maîtrises". Une bourde puisque sur le site du gouvernement, sa biographie est correcte et ne lui attribue pas ledit diplôme. Selon les conseillers de Geneviève Fioraso, la ministre a "autre chose à faire que de lire sa notice du Who's Who".

Après la publication de l'article, Geneviève Fioraso a tenu à réagir. La ministre se dit "scandalisée par les accusations qui lui sont faites" et donne sa version des faits. Contactée par le site d'informations, Geneviève Fioraso a répondu "qu'elle possédait en effet une maîtrise d'anglais option économie. Elle a constaté, à cette occasion, que cela s'était traduit par erreur dans certaines publications comme deux maitrises distinctes", rapporte Le Dauphiné Libéré.

 Pas de commentaire, c'est une socialiste tendance UMP ça suffit!

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 11:54

le changement

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 23:09

2le-temps-de-syrisa.jpg

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 13:23

 

Affaire Lepaon. Soutien de Pierre Le Ménahès aux fondeurs CGT de Caudan
mardi 23 décembre 2014 - 12h59 - Signaler aux modérateurs

L’ancien leader CGT de la fonderie de Bretagne à Caudan soutient ses anciens collègues qui demandent la démission de Thierry Lepaon.

Ce lundi, Pierre Le Ménahès, aujourd’hui à la retraite, ancien secrétaire général CGT de la fonderie de Bretagne (ex-SBFM) à Caudan a officiellement apporté son soutien à ses anciens collègues syndiqués.

Gel des cotisations

Vendredi, en effet, après assemblée générale des fondeurs encartés au syndicat, la section de l’usine a annoncé sa décision de geler les cotisations 2014 qu’elle doit normalement reverser aux instances nationales. Elle a également demandé la démission du secrétaire général Thierry Lepaon dont le train de vie fait polémique.

"Une position courageuse"

Pierre Le Ménahès qui a marqué l’histoire de l’usine lors du gros conflit de 2009, précédant la reprise par le groupe Renault indique : "Je suis complètement en phase avec la décision de la CGT de la fonderie. Je félicite les adhérents de leur position qui repose sur des valeurs réelles défendues dans cette usine, par la CGT. Elle est aussi courageuse, puisqu’à ce jour, c’est le premier syndicat implanté dans une usine en France qui ait pris ce type de décision." Pierre Le Ménahès lui aussi demande la démission rapide de Thierry Lepaon. "Les instances nationales doivent prendre les mesures qui s’imposent sans attendre la réunion de leur comité du 13 janvier prochain."

Réunion départementale de la CGT le 12 janvier

De son côté, Bruno Bothua secrétaire départemental de la CGT, dans le Morbihan indique qu’une réunion du comité exécutif est prévue le 12 janvier "afin de donner la position du syndicat dans le Morbihan sur cette affaire."

http://www.ouest-france.fr/affaire

 

 

CGT : Lepaon lâché par les fédérations de l’énergie et de la métallurgie
de : Catherine Gasté
mardi 23 décembre 2014 - 12h57 - Signaler aux modérateurs

Les calculettes n’en finissent pas de tourner pour mesurer les chances de Thierry Lepaon. Vacances ou pas, les appels à la démission continuent de tomber. Le dernier gros coup de théâtre s’est déroulé à la veille de la trêve des confiseurs.

Selon nos informations, en fin de semaine, deux grosses fédérations ont réclamé ouvertement la tête du leader de la CGT : la métallurgie et les mines-énergies. Et ce malgré les soutiens appuyés et répétés des deux secrétaires généraux respectifs, qui ont jusqu’ici défendu bec et ongles Thierry Lepaon.

Un coup dur, car déjà mercredi dernier la fédération du commerce et ses 43 000 militants a porté le fer. Et réclamé la démission des dix membres du bureau confédéral (dont le secrétaire genéral et le trésorier Eric Lafont qui a déjà rendu son tablier).

Avec ses 59 000 adhérents, la puissante fédération de la métallurgie a donc basculé jeudi. A sa tête, l’un de ses fidèles soutiens, l’allié de la première heure, le secrétaire général de la fédération Philippe Martinez (possible prétendant à la succession de Thierry Lepaon). Lui, qui réclamait en début de semaine la tête du bureau sauf celle de Lepaon, a finalement dû changer son fusil d’épaule. Selon nos informations, il a plaidé la carte de la démission de Thierry Lepaon devant ses troupes. Au même moment, le même scénario s’est joué à la fédération mines-énergie et ses 56 000 adhérents, avec dans l’ombre l’influent Fréderic Imbrecht — ancien secrétaire général et... mari de l’actuelle — qui a poussé à ne pas prendre position. En vain.

Le chemin de crête est de plus en plus étroit pour Thierry Lepaon. Ses soutiens au sein de la centrale — forte d’environ 24 000 syndicats de base regroupés en 32 fédérations — fondent comme neige au soleil. Il y a dix jours, la fédération des services publics (81 443 adhérents), la plus grosse de la CGT, a elle aussi appelé le secrétaire général à quitter son fauteuil. Dans une lettre, elle juge cette décision « inéluctable » « compte tenu des responsabilités et de l’incapacité dans laquelle se trouve le secrétaire genéral pour assumer ses missions ».

Les mauvais résultats enregistrés lors des élections dans la fonction publique, où la CGT a reculé de 2,3 % tout en conservant sa place de première organisation, n’y étant pas bien évidemment étrangers. Ni les nombreux bulletins de vote barrés sur lesquels il était écrit : « Lepaon voleur ». La fédération de la santé, deuxième avec 73 800 adhérents, a elle posé les jalons d’une demande de démission des dix membres du bureau confédéral, dont Thierry Lepaon. « On a discuté mais la fédération se prononcera le 12 janvier », veille du CCN (Comité confédéral national), a indiqué Nathalie Gamiochipi, secrétaire générale de la fédération santé.

La fédération des finances, celles de la construction, des organismes sociaux, l’union générale des fonctionnaires... demandent elles aussi sa tête. Tout comme de nombreuses régions à l’image des Bouches-du-Rhône, de Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées ou Ile-de-France.

D’autres, comme la fédération du textile ou celle de la poste et des communications, pourraient suivre dans les prochains jours. A moins que Thierry Lepaon réussisse d’ici là à les convaincre de le maintenir coûte que coûte à son poste. Visiblement, cela s’annonce très compliqué...

http://www.leparisien.fr/economie/c...

 

Affaire Lepaon : des courriers internes révèlent une crise profonde à la CGT

 

de : Lucie Delaporte via Arnold

 

 

Comment les militants de la CGT vivent-ils les révélations sur leur secrétaire général ? Mediapart a eu accès à de nombreux e-mails et courriers internes, dans lesquels militants ou élus – dont très peu se sont exprimés publiquement –, bien au-delà du seul "cas Lepaon", expriment la profonde crise existentielle que traverse le premier syndicat de France.

Reprendre la main… et sauver sa tête. Thierry Lepaon, juste avant la trêve des confiseurs, s’est lancé dans un marathon médiatique pour défendre son poste à la tête de la CGT. Alors que son organisation est fragilisée depuis deux mois par les révélations sur la rénovation dispendieuse de son appartement de location, ou encore ses étonnantes indemnités lorsqu’il a quitté le comité régional CGT de Normandie pour rejoindre Montreuil, le secrétaire général de la CGT, qui s’est exprimé longuement sur France 3, France Info et dans le Parisien, a surtout choisi de tacler ceux qui, en interne, informent la presse. « Il y a quelqu’un dans notre maison confédérale ou un groupe de personnes qui a ou qui ont décidé de transmettre à la presse des documents comptables. (...) Le choix qui a été fait, c’est de porter atteinte à l’honnêteté de Thierry Lepaon et à la démarche syndicale qu’entreprend la CGT. »

Se présentant en dirigeant responsable, il a ainsi promis : « Je ne serai pas le rat qui quitte le navire, notre navire est aujourd’hui en difficulté. » Le 13 janvier, le Conseil confédéral national (CCN), le parlement de la CGT, doit néanmoins se réunir pour statuer sur son sort.

 

Depuis le début de la crise, rares ont été les prises de position publiques au sein de la confédération. Hormis deux anciens dirigeants, Bernard Thibault et Georges Séguy (dirigeant de 1967 à 1982), qui ont diplomatiquement laissé entendre qu’il serait peut-être temps de tourner la page Lepaon, les débats au sein de la CGT se déroulent à huis clos, avec l’idée que le linge sale doit se laver en famille.

 

Mediapart a eu accès à de nombreux courriers ou mails internes, de militants ou d’élus cgtistes, qui révèlent néanmoins l’ampleur du malaise au sein de la confédération. Bien au-delà du seul « cas Lepaon », ils témoignent de la véritable crise existentielle qui secoue aujourd’hui le premier syndicat de France.

Aux premières révélations du Canard enchaîné concernant la rénovation de son appartement de location dans le carré magique de Vincennes pour 105 000 euros, une certaine stupéfaction s’empare des adhérents.

Il y a bien sûr ceux qui pensent qu’il faut prendre avec des pincettes ce feuilleton orchestré « par la presse bourgeoise », comme l’écrit dans un courrier interne la Fédération des ports et docks qui estime que « Toutes ces manipulations claniques, anti-ouvrières, n’ont de visées que l’affaiblissement de la CGT ». Une analyse partagée par un certain nombre de militants, qui rappellent le contexte très particulier dans lequel s’inscrivent ces révélations : à la veille d’élections professionnelles cruciales pour la confédération, mais aussi en plein bras de fer avec le Medef sur la rénovation du dialogue social ou la réforme des prud’hommes. « Pendant qu’on détourne notre regard, la caravane Macron-MEDEF passe-passe ! », préfère prévenir un adhérent. D’autres, en vieux routiers du syndicat, s’affichent un rien désabusés : « Si ça déconne, c’est pas nouveau, on va pas en chier des tartines. » Et craignent, là encore, l’effet de souffle pour la confédération : « Dans tous les cas, ceux qui cassent ou participent à casser ce fantastique outil qu’est la CGT, quelles que soient leur motivations, ne méritent pas le nom de camarade », assène un adhérent. « Que nos ennemis de classe soient plus informés que nous, parce que de braves camarades livrent à la presse des informations trouvées ou volées dans les poubelles de la Confédération me fait gerber », écrit une élue CGT.

 

Malgré ce sentiment assez partagé de vivre dans une citadelle assiégée de toute part, rares sont ceux à ne pas se sentir très mal à l’aise face aux faits révélés dans la presse. Beaucoup s’émeuvent ainsi des « sommes indécentes » évoquées. « C’est tout le travail quotidien des militants dans leur entreprise qui se retrouve saboté par des pratiques indignes », écrit un militant. « Il faut le virer, désolée, ce n’est pas un comportement digne d’un syndicat qui défend les salariés », conclut une militante dans un mail. Début décembre, les responsables de l’union locale de Perpignan font également remonter que « de nombreux camarades nous interpellent au sujet du montant exorbitant des travaux pour l’appartement de notre secrétaire général. Mais le pire est quand des salariés remettent en cause l’honnêteté de notre organisation. Nous sommes en pleine période d’élections, tant dans le public que dans le privé et, comme à chaque élection, nous distribuons des tracts. Des camarades ont honte devant les entreprises, chantiers, commerces, ronds-points etc. d’entendre que nous sommes tous pourris ».

 

Pour ces élus, Thierry Lepaon et tous ceux qui ont participé de près ou de loin à couvrir ces dérives doivent partir. « Mais comment notre secrétaire général se permet-il de dire : honnêteté, loyauté, transparence ! » (…) « Une somme démesurée pour des travaux dans un appartement qui n’appartient pas à la CGT n’est pas acceptable (…). À l’Union Locale nous faisons attention aux moindres centimes, afin que nous puissions fonctionner et être présents sur tous les fronts », poursuivent les responsables de l’union locale de Perpignan. La défense de Thierry Lepaon, qui s’est défaussé sur l’agent comptable, passe aussi très mal. « Mais comment notre secrétaire général se permet-il de dire qu’il n’était pas au courant, c’est une faute collective puis de dire sur BFM TV, c’est l’administrateur de la confédération qui a fait une faute ! Mais comment croire que seul l’administrateur est "coupable" ? » s’agacent les mêmes.

 

« C’est le moment de faire le grand nettoyage »

 

Alors que l’affaire prend de l’ampleur au fil des semaines, certains s’inquiètent de l’image donnée par l’organisation : « Ces affaires (...) mettent en difficulté les militant-e-s qui, chaque jour, rencontrent les salariés, œuvrent à les unir, à les inciter à lutter et à leur rendre confiance en eux. Ces affaires, qui choquent considérablement les syndiqués, plomberont la crédibilité de toute l’organisation si elles ne sont pas résolues de bonne manière. Et c’est la CGT, dans son ensemble, qui s’en trouvera affaiblie », écrivent dans un courrier interne les représentants CGT du groupe Macif qui appellent, eux aussi, à la démission de l’actuel secrétaire général.

 

 

Lorsqu’éclate le nouveau scandale des indemnités touchées par Thierry Lepaon 3 – le patron de la CGT a touché 26 000 euros en quittant la CGT régionale de Basse-Normandie pour rejoindre le siège de Montreuil, comme l’a révélé l’Expansion –, certains sont visiblement gagnés par l’écœurement. « Je meurs !! La pastèque sur le gâteau !! » écrit l’un d’eux. « Licenciement pour faute lourde et il rend les clefs de son logement de fonction !! y a bien des camarades qui vont encore crier au complot (un sabotage des élections pro de nos services publics par exemple !) mais "il" et ses potes donnent le bâton pour nous faire battre !! J’attends avec impatience les arguments (si on peut appeler ça des arguments) des camarades-corrompus-et-potes-de-Titi-Panpan... », écrit rageusement un adhérent.

 

« La ligne de défense du "clan Lepaon", nous en connaissons les rouages et les roueries, repose sur le discours "sauvons la CGT" », tacle un militant qui raille « L’éternelle excuse (protéger la structure face aux attaques, quoi qu’on en pense) qui permet de tout étouffer ».

 

Au-delà du sort du dirigeant de la CGT, certains espèrent que cette crise permette un profond renouvellement de l’organisation. « L’alternative à mes yeux se résume à trois possibilités. 1- La pire : les bureaucrates tablent sur l’esprit de corps de la hiérarchie syndicale et Lepaon garde sa place, avec à la clé un éclatement de la CGT. 2- L’inverse : la "révolution" balaye la bureaucratie et un nouveau syndicalisme émerge de la base de la CGT. 3- Rien ne change : Lepaon est cloué sur la porte en victime expiatoire et la bureaucratie sauve sa peau, avec à la clé une désillusion et une désaffection de plus. Les prochains jours vont être décisifs ! Tenons bon ! », affirme un militant dans un courriel.

 

Certains, critiques avec la ligne Lepaon jugée trop peu offensive, entendent bien pousser leurs pions dans le marasme actuel : « C’est le moment de faire le grand nettoyage, ce dont les patrons ont le plus peur d’ailleurs : que ce soit le peuple, la base qui se dirige elle-même, une démocratie populaire (ce qui ne veut pas dire l’absence d’une structure syndicale). Ce triste épisode peut, s’il n’est pas enterré (et je vois mal comment il pourrait l’être vu son ampleur), déboucher sur une grande victoire idéologique et un vrai syndicalisme révolutionnaire. L’époque s’y prête. La place est vide sur ce terrain. Courage, osons rêver, osons l’utopie !!! », s’enflamme un adhérent parisien.

Nombreux sont les militants à appeler à ce que surtout « l’affaire Lepaon » n’occulte pas la crise bien plus profonde que connaît l’organisation. « La situation de la CGT ne peut se réduire aux affaires du secrétaire général, mais tient à un déficit d’orientation ou à plusieurs orientations contradictoires non dites », affirment dans un courrier interne les responsables de la CGT du livre, qui appellent à ce qu’un débat « s’ouvre enfin clairement sur le sens de l’engagement de la CGT dans la bataille sociale qui fait rage ».

Pour beaucoup, l’affaire Leapon est en effet un dramatique révélateur des errances de la CGT. « Ce qui est sans doute "la pointe émergée de l’iceberg" n’est-il pas, au fond, le résultat d’une rupture avec ce qui était la CGT ? » s’interrogent des élus du Loir-et-Cher. « La négociation au détriment de l’action, les gages donnés au patronat et au gouvernement, l’institutionnalisation, la bureaucratisation de l’appareil confédéral et de sa direction ont contribué de par leurs orientations au désengagement de la CGT dans les luttes comme aux nécessaires solidarités avec ceux qui résistent », poursuivent-ils avant de conclure par ce constat implacable : « La démocratie interne s’est atrophiée (…). La lutte des places, les ambitions personnelles dans une complète opacité sont devenues une façon d’être et de diriger. »

 

Devant l’ampleur des récents reculs sociaux, certains militants en viennent à s’interroger sur le sens même de leur engagement syndical. « Pourquoi tous ces efforts ? Ne sommes-nous que des faire-valoir, des marionnettes au service d’obscures tractations ou de ridicules ambitions ? », écrit un adhérent. « Partout, la cgt fait des contre-propositions qui ne servent à rien, qui n’ont aucune chance d’aboutir. » (…) « Le problème n’est plus d’être propre sur soi, raisonnable et constructif. Surtout quand ces contre-propositions ne servent qu’à masquer des défaites. La représentativité, les seuils pour les instances représentatives du personnel (avec des abrutis de la délégation cgt qui se disent prêts à négocier !), les 35 heures, la Sécu, la retraite, les délais de prescription, le CDI, les ruptures conventionnelles, les salaires bloqués, la formation professionnelle (CFP), les services publics, l’éducation, les impôts ; le Livret A, la motivation des licenciements, les milliers de licenciements, le CICE. (…) C’est en luttant qu’on s’opposera vraiment à la montée du Front national. Le reste c’est du verbiage et des sorties de centre aéré (réservées aux permanents et aux retraités quand c’est un jour de semaine). »

« J’ai donné 25 ans de ma vie au combat pour en arriver où ? »

 

La faiblesse des récentes mobilisations depuis la rentrée démoralise d’autant plus que beaucoup de militants reprochent à la direction de la CGT d’avoir tout fait pour les réfréner. « Les derniers mouvements sociaux ne sont pas à la hauteur des attaques incessantes orchestrées par le patronat », écrit la CGT du livre. Les récentes manifestations patronales laissent un goût amer. « Le Medef prévoit une manifestation de rue pour porter ses revendications. (Le monde à l’envers !) Les cadeaux du PS doivent lui paraître insuffisants... » ironise un adhérent, qui évoque ensuite une mobilisation a minima contre la réforme des prud’hommes.

 

« Quant au rassemblement du 20 novembre devant l’Assemblée, plusieurs questions se posent en ce qui concerne l’attitude de la CGT. Pas de médias convoqués alors que la veille au même endroit quelques UMP sortaient une banderole contre le redécoupage territorial et se retrouvaient sur toutes les chaînes ? Il faut être voyant, sinon à quoi, ou à qui, ça sert ? Ensuite, comment se fait-il qu’un thème si central (l’élection des conseillers et la possibilité pour des salariés d’être élus conseillers), qui est un acquis fondamental de la classe ouvrière, et à l’occasion d’une décision nationale (le vote de l’assemblée) à ce sujet, ne déclenche à la cgt qu’un appel à un niveau régional ne mobilisant que quelques centaines de personnes dont une dizaine de FO, et que Lepaon ne se pointe pas ? Où sont les cars de province ? Deux ans de lutte qui s’achèvent de cette façon ? » s’interroge amèrement un syndiqué.

Plus vindicatif, un autre affirme : « Le sabotage organisé par la conf contre les actions s’organise en plein jour. Pour exemple, l’appel à la manifestation contre l’austérité qui a eu lieu le samedi 15 novembre a été saboté par la conf. Elle a empêché l’Urif (Union régionale d’Ile-de-France, ndlr) à faire l’appel et l’UD (Union départementale) de Paris a été contrainte de sortir un tract le 13 !!!! Donc mobilisation zéro et très peu de manifestants. (…) Camarades, il s’agit bel et bien d’une collaboration de classe. Nos instances et structures se pourrissent davantage chaque jour. Les permanents nous tuent (ils sont au chaud et peinards). »

 

L’impression qu’ont les salariés d’être de moins en moins audibles laisse parfois place à un certain découragement. « Pour ma part, j’ai donné 25 ans de ma vie au combat pour les salariés au titre de représentant de la CGT, et pour la CGT, 25 ans en déplacement à travers la France, hors de mon foyer et loin de ma famille, pour en arriver où ? Actuellement, je suis dépité… Et je ne suis pas le seul !... Et ce n’est pas peu dire !... J’en arrive effectivement (malheureusement) à comprendre le dépit des salariés et privés d’emploi quant à la réelle représentativité syndicale (tous syndicats confondus) et en ce qui nous concerne : la CGT. »

Un désarroi partagé par cet autre militant qui explique que « ceux qui sont dans les sociétés comme la mienne sont en pleine renégociation des accords d’entreprises (revues toutes largement à la baisse, merci Fillon). Le plus grave c’est que certains salariés affirment qu’il y a trop de privilèges, sans aucun respect des combats de nos pairs ».

 

À lire ces militants, une chose est sûre : lorsque Thierry Lepaon affirme que son départ ne résoudra pas tous les problèmes de la CGT, personne ne lui donne vraiment tort.

 

http://www.mediapart.fr/journal/fra...

 

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 05:57

Le système de l'appareil du PCF, cette promotion des "consommateurs de places" qui ressemble fort à la cooptation des médiocres dans certains secteurs de l'université (cf la socio), semble toucher à son terme à la CGT. L'affaire Le Paon dépasse le cercle des membres de l'appareil pour diffuser largement chez les adhérents.

Un assainissement de la CGT sera une bonne chose pour le syndicalisme en général mais surtout pour le syndicalisme de combat. Les ambiguités, parfois la compromission, la corruption de cadres du PCF ressemblant en cela aux socialistes ordinaires ont affaibli le syndicalisme jusque dans les rangs de la FSU.

Le cas le Paon permet enfin de poser publiquement la question de la place et du rôle néfaste  de ces élus et autres corrompus du PCF dans le syndicalisme. Souhaitons qu'il rejoigne au plus vite Notat l'ancienne SG de la CFDT aux côtés de la cohorte noséabonde du PS et autres profiteurs....

 

Fonderie de Bretagne : la CGT suspend ses cotisations

Lorient - 20 Décembre

Le syndicat demande la démission du secrétaire général, Thierry Lepaon, très critiqué ces dernières semaines sur son train de vie.

Mercredi, des assemblées générales ont été organisées sur le site de la fonderie de Bretagne à Caudan. Une initiative de la CGT de l'usine. Thème des réunions : la stratégie à adopter, face à la polémique qui enfle autour du secrétaire général Thierry Lepaon.

« La démission de Thierry Lepaon »

Pour Maël Le Goff, secrétaire du syndicat à la fonderie « Thierry Lepaon, ainsi que le bureau confédéral trahissent la cause qui est la nôtre, basée sur la défense sans faille du travail. » Il poursuit : « Ils ont bafoué les fondamentaux de la lutte des classes et de son histoire. En mémoire de ceux et celles qui font partie des « Justes » et de leurs combats légitimes et respectifs, la démission du camarade Thierry Lepaon ainsi que celui du bureau confédéral doit être effective et sans conditions. »

« Situation délétère »

La CGT est le syndicat ultramajoritaire de cette usine qui emploie 400 personnes, pour la fabrication de pièces automobiles, essentiellement à destination des modèles du groupe Renault qui a repris la fonderie en 2009. Le syndicat a, en outre, annoncé hier « sa décision en accord avec les syndiqués de geler la réversion des cotisations 2014 tant que la CGT au niveau national n'aura pas pris une décision ferme et franche sur cette situation délétère et peu valorisante de notre image au regard des travailleurs et des travailleuses de la nation. »

 

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 06:41
De : Groupe Jean-Pierre Vernant <groupe.jp.vernant@gmail.com>
Objet : [Petition] Pour 489 millions de moins
Date : 12 décembre 2014 02:19:26 HNEC

 


Communiqué du Groupe Jean-Pierre Vernant 
 

A l'occasion d'un dîner offert ce vendredi soir au groupe Marc Bloch, M. Hollande devrait annoncer officiellement ce que l'ensemble des médias a propagé avec une journée d'avance: le "rétablissement du budget des universités". La CPU de M. Salzmann ne manquera pas, dès le lendemain, de s'auto-congratuler au travers d'un communiqué dont elle à le secret et de saluer ce retour à un budget sanctuarisé.

 

Il s'agit là d'une opération de triangulation dont il s'agit de dénoncer le mensonge grossier.

 

La réalité est la suivante:

• Le projet de loi de finances rectificative [1], p.79 et 81, mentionne que 560 M€ ont été supprimés en 2014 du budget ESR. En particulier, la "réserve de précaution" des Universités a été purement et simplement annulée (230 M€)

• Le plan d'économie prévoit une suppression budgétaire de 123 M€ au travers du modèle SYMPA, au titre de la réorganisation du mode d’allocation

des moyens des universités. [2] p 125

• Le "coup de rabot", passé par amendement surprise, s'élève à 136 M€. M. Hollande devrait annoncer l'aumône de 70 M€ faite aux Universités, 70 M€ pris... sur le budget de l'éducation et de la recherche.

• Les contrats de plan état-région ont vu l'enveloppe dévolue à l'ESR baisser de 25% à 50%, ce qui correspond à une baisse de 350 M€ pour les cinq ans qui viennent. 

 

Par un calcul élémentaire, on obtient donc que l'enfumage consiste à faire passer une baisse de (230+123+136+350/5-70) = 489 M€ pour une "sanctuarisation" retrouvée. Le budget de deux universités omnidisciplinaires disparait et nous sommes supposés applaudir. L'équivalent de 8150 postes se volatilisent et nous sommes supposés remercier les complices.

 

489 M€ c'est à peu de chose près la somme de deux cadeaux somptuaires décidés récemment au Ministère:

• 172 M€ prélevés à la source sur les budgets universitaires pour les offrir à l'éditeur Elsevier en échange de son bouquet de médiocres revues [3].

274 M€ crédités par pipeline budgétaire spécial à la direction de la recherche technologique du CEA dont le compagnon de Geneviève Fioraso était directeur délégué, pour un programme hébergé par Minatec Entreprise, une SEM que Mme Fioraso dirigeait avant d'être ministre. [4] p 116 et [5]

 

 [1] http://www.senat.fr/rap/l14-159-1/l14-159-1.html

[2] http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2260-tI.asp

[3] http://rue89.nouvelobs.com/2014/11/10/france-prefere-payer-deux-fois-les-articles-chercheurs-255964

[4] http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl2353.asp

[5] http://lesupenmaintenance.blogspot.fr/2014/09/genevieve-fioraso-et-le-cea-quand-la.html


"Le vrai courage c’est, au-dedans de soi, de ne pas céder, ne pas plier, ne pas renoncer."

Groupe Jean-Pierre Vernant.
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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 09:49

 

Cette bataille a un goût de déjà vu en 1997, 2002,2005!

Regardez nos archives!

 

 

Une université dans son territoire !

Un des points centraux de notre liste est d’inscrire notre université dans son territoire !

Non les autres listes ne le font pas !

Une fois de plus nous vous disons ce qui est !

Ils vous disent qu’ils ont le soutien des collectivités…
Une fois de plus, ils se vantent !

Dans les statuts de l’université, ni la ville, ni la communauté d’agglomération, ne sont membres du CA ! Or, Les statuts*, c’est eux qui les ont faits, c’est eux qui les ont votés.

*Composition de la commission des statuts le 27 juin : Serge BARDET, Annie CHAUSSE, François COLLY, Patrick CURMI, Frederick GOODMAN, Michel GUILLARD, Gilles LACOMBE, Thierry LAVALLEE, Saïd MAMMAR, Pascal PETIT, Emmanuel QUENSON.


Où trouvez-vous ces pseudo défenseurs du territoire… à Avenir et au Sgen

« Avenir », c’est le passé !

Voyez plutôt ce qu’ont prévu ces femmes et hommes d’Avenir… Ils ont, eux, prévu une représentation du Conseil général (si, si… vous avez bien lu !). A l’heure où le département semble devoir se fondre dans une autre collectivité, ne pas prévoir la représentation de la Communauté d’agglomération, au Conseil d’administration est obérer l’avenir.

A cela s’ajoute le fait que les élections des conseils départementaux, nom que prend désormais le Conseil général (loi n° 2013-403 du 17 mai 2013) ce qu’apparemment n’a pas vu la commission des statuts, auront lieu en 2015.

Ainsi, le Conseiller général, désigné en décembre 2014 pour faire partie de notre CA, disparaitra dès mars 2015. Que tout cela est révélateur de copinages illégitimes, plus que de volonté de construire une base solide à notre université !

 

Date

Horaires

Bâtiment

Salle

4 nov.

de 12h30 à 14h00

IBGBI

« Petit Amphi »

6 nov.

de 12h45 à 14h00

PELVOUX

Amphi BX30

12 nov.

de 12h30 à 14h00

FACTEUR CHEVAL

Amphi 3

13 nov.

de 12h30 à 14h00

IUT ROSTANT

Amphi B125 (vert)

18 nov.

de 12h30 à 14h00

1ers CYCLES

Amphi B6

 


Honnêtes ? Vous les croyez ?

Retenez bien : « Avenir »… c’est le passé !

Pour en discuter…
Nous vous attendons sur vos lieux de travail :

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 15:38

Une autre politique est possible !
Pour une université 2015-2019 qui soit forte, juste et rayonnante.
Venez débattre sur le programme et participer à la relève tant espérée !

Nous pourrons partager un en-cas, car nous ne sommes pas de bois !

Invitation à une Assemblée Générale de

Nouvel Elan, SNESUP-FSU et SNASUB-FSU

ce mardi 14 octobre de 12h.30 à 14h.00

en salle A312 (bâtiment du 1
er cycle)

Une autre politique est possible

Les conditions de travail à l’Université d’Evry se dégradent dangereusement. Les différentes directions qui se sont succédé n’ont pas su faire de notre campus un ensemble dynamique, puissant et attractif ancré dans son territoire. Si la situation actuelle perdure, nous allons être absorbés par l’UPSay et perdre notre identité.
Or, nous sommes fiers de défendre une Université pluridisciplinaire de proximité et de grande qualité pour les formations et la recherche.

Nous voulons que l’Université d’Evry puisse bénéficier du label Paris-Saclay pour rester attractive nationalement et internationalement. Nous voulons également rester libres de nos choix stratégiques en matière de recherche et de formation en particulier.

La force de la nouvelle gouvernance que nous proposons sera d’agir en concertation avec l’ensemble du personnel pour mettre en cohérence les choix stratégiques et politiques. L’organisation des services et les conditions de travail doivent redonner du sens aux missions de chacun. Et ainsi, lutter efficacement contre le découragement et la lassitude qui gagnent depuis plusieurs années de nombreux agents insuffisamment écoutés et respectés.

Nous vous attendons très nombreux mardi. Venez débattre avec nous et apporter vos propositions pour améliorer ce programme qui deviendra ainsi le vôtre. Un programme provisoire dans sa version intégrale et dans son résumé sont à votre disposition sur le site :

http://electionuniversiteevry2014.wordpress.com/

APPEL A CANDIDATURE

Parce que notre liste vise à rassembler toute la communauté
et se refuse à être corporatiste et à visée « hors sol »,
nous vous proposons de présenter votre candidature
ou simplement à apporter votre soutien
en remplissant le document joint
ou en le
téléchargeant sur le site
avant de le retourner à l’adresse 
philippe.naszalyi@univ-evry.fr

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 05:28

« Pourquoi j’ai démissionné de l’Université de Lorraine »

02 octobre 2014 |  Par Vincent Goulet

Lettre ouverte d'un ancien Maître de conférences à Geneviève Fioraso, Secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche

Le 2 octobre 2014

Madame la Secrétaire d’Etat,

Recruté en 2010 comme maître de conférences à l’université de Lorraine, je me suis finalement résolu à envoyer ma lettre de démission à mon président en avril dernier. C’était, je m’en souviens, un jour où vous parliez à la radio pour redire, avec moult chiffres à l’appui, que l’université en France était sur la voie du progrès, c’est-à-dire de l’excellence et de la justice sociale. Pendant quatre ans d’exercice à Nancy, j’ai vu tout le contraire : une détérioration croissante des conditions de travail jusqu’à l’impossibilité de faire correctement mon métier d’enseignant-chercheur. 

Si chacun peut apprendre en ce monde, nul ne peut se vanter d’y enseigner avec facilité. Enseigner est un métier passionnant et frustrant, dont vous avez pu brièvement prendre, en début de votre carrière, la mesure. Mais il n’est aujourd’hui plus question de pédagogie : plutôt que des enseignants, nous sommes devenus avant tout des gestionnaires de diplômes. La multiplication des formations professionnalisantes, le manque de personnel administratif conjugués au nombre insuffisant d’enseignants-chercheurs statutaires conduit chacun de nous à prendre en  charge la responsabilité d’un diplôme ou d’une année avec toutes les charges que cela comporte : élaboration des maquettes des enseignements, construction et suivi des emplois du temps, recherches d’enseignants vacataires, rédaction des multiples dossiers de financement, organisation des sélections et recrutements des étudiants, levée de la taxe d’apprentissage auprès des entreprises, organisation des « portes ouvertes », suivi des dossiers de demande de VAE, multiples réunions sur le fonctionnement du campus, et j’en passe…

Toutes ces tâches n’ont pas de lien direct avec la pédagogie et la transmission du savoir aux étudiants. Nous sommes devenus des super « chefs de service administratif ».

J’aurais bien aimé me former aux nouvelles techniques numériques comme Moodle, me lancer dans les délices de l’innovation pédagogique ou tout simplement avoir le temps de mieux préparer mes cours. Mais non, toujours dans l’urgence, nous n’avons plus le loisir de laisser maturer nos idées, ces germes d’innovations dont vous faites sans cesse la promotion et qui ne peuvent grandir que dans une certaine disponibilité d’esprit qui est le propre des êtres civilisés. 

Vous avez dû entendre déjà une autre plainte qui monte des bas-fonds de l’université, université que vous connaissez finalement peu en pratique : les tâches administratives nous asphyxient aussi comme chercheur. La deuxième part de notre métier, théoriquement la moitié de notre temps de travail,  est réduite à la portion congrue, toujours renvoyée à plus tard, toujours morcelée, si bien qu’on ne peut guère mener une réflexion approfondie. L’immense majorité des Français croit encore que le « prof de fac » est en vacances de juin à octobre. Avec la semestrialisation et une rentrée universitaire début septembre, la plupart des enseignants-chercheurs ne quittent leur bureau que le 21 juillet pour le retrouver le 25 août. Temps de vacances bien méritées, mais plus celui d’écrire un article scientifique de fond ou encore moins un livre.

La pernicieuse logique du financement de la recherche sur contrat nous contraint à déposer en permanence des projets de recherche, de faire des tableaux de financement, de faire et défaire des retro-plannings pour ensuite remplir des évaluations intermédiaires censées justifier l’utilisation des fonds reçus. Les contraintes d’administration de la recherche achèvent d’étouffer l’esprit de la recherche : nous sommes devenus des « porteurs de projet » spécialistes en montage de dossier de financement. Les directeurs de labo sont mués en véritables chefs d’entreprise. Contraints de courir après les financements et de gérer au jour le jour les multiples problèmes administratifs, ils peinent à s’investir dans leur mission première : l’animation scientifique du collectif de recherche dont ils ont la responsabilité. La concurrence étant organisée par le ministère de la recherche lui-même, beaucoup se lancent dans la course aux « Labex » (laboratoire d’excellence), « Idex » (initiative d’excellence) ou autres « Equipex » (équipements d’excellence) et aux bénéfices symboliques associés à ces financements. Dans ce monde saturé d’excellence, grande est la tentation de s’en remettre à sa mesure quantitative : chaque financement arraché aux institutions devient un trophée brandi en réunion de directeurs de labo, où chacun cherche à montrer qui en a le plus gros (de budget). Dans ce contexte, on ne lit plus attentivement les travaux des collègues pour les discuter, on rédige des dossiers souvent à la hâte, dans le cadre politique propre à l’établissement plutôt que dans un souci de cohérence scientifique, et on se méfie des autres chercheurs qui sont autant de concurrents en lice pour obtenir ces si prestigieux financements. Je devais être naïf, mais j’avais une autre image de la « communauté scientifique ».

Ajoutez à ce triste tableau, Madame Fioraso, une fusion à « moyen constant » des quatre universités de Lorraine en un unique méga-établissement, une fusion citée en exemple  par votre prédécesseuse, Mme Pécresse, et que vous n’avez pas remise en cause. Toutes les entreprises du privé savent qu’une fusion coûte cher à court terme pour économiser de l’argent à long terme. En Lorraine, nous avons fait une fusion à moyens constants, une fusion « à sec », en quelque sorte. Enfin pas tout à fait : plutôt que des enseignants ou des personnels administratifs, l’université a embauché une armée de consultants et de chargés de mission qui ont peuplé les « services centraux » et qui nous ont rapidement cassé les pieds pour que nous remplissions leurs paperasserie d’évaluation de l’excellence désormais érigée en Leitmotiv - alors que nous pleurions pour une ramette de papier ou quelques crayons de papiers.  « Big is beautiful », sur le papier du moins, favorable parait-il à de bons « classements internationaux des universités » mais c’est au détriment des étudiants et de leurs conditions d’études : imaginez votre premier cours de TD devant un groupe de TD de 45 étudiants de L1, tout juste sortis du lycée. Bien sûr, vous leur souhaitez la bienvenue et annoncez que vous espérez la réussite de tous, mais en votre for intérieur vous savez bien qu’il serait opportun que dix ou quinze d’entre eux  abandonnent avant Noël pour avoir des conditions normales d’études... Autre injonction contradictoire : délivrer des diplômes très « professionnalisants » avec des ordinateurs dépassés et des logiciels obsolètes. Tous juste si les vacataires du monde de l’entreprise ne doivent pas amener leur propre matériel pour faire cours.

Pendant deux ans, j’ai beaucoup râlé, essayé de mobiliser mes collègues pour protester et faire bouger les choses. Hélas, des cohortes de docteurs sans poste attendant aux portes de l’enseignement supérieur, et on m’a bien fait comprendre que j’avais bien de la chance d’avoir été recruté. Ultime argument : « c’était encore pire ailleurs » qu’à l’université de Lorraine. Bien loin de me consoler, cela m’a plutôt inquiété… Comme le disait l’économiste et sociologue Albert Hirschman, quand on ne sent pas bien dans une institution et que la « Loyalty » à ses propres valeurs l’emporte, l’alternative se réduit à « Voice » ou « Exit ». Après avoir fatigué les oreilles de mes collègues, j’ai finalement décidé de partir. Cela n’a pas été facile, ni de gaité de cœur. Plutôt qu’enseignant-chercheur statutaire, je suis devenu chercheur-enseignant précaire, chercheur sur contrat et enseignant en vacation. Avec des revenus divisés par deux, mais enfin un peu de liberté.

Je reste néanmoins un incurable optimiste : un jour, bientôt peut-être, le monde universitaire se remettra en mouvement pour exiger sa juste place et sa juste reconnaissance dans notre société ; un jour, bientôt peut-être, les conditions de travail seront meilleures dans les facs ; un jour, bientôt peut-être, on aura le courage de réformer l’actuel système inégalitaire de l’enseignement supérieur et on cessera de faire des économies sur l’éducation des jeunes générations ; un jour, peut-être, les perspectives de recherche seront dégagées par les chercheurs eux-mêmes et non pilotées par des administrations ou des politiques régionaux soucieux de retours rapides sur investissement.

Tout cela, Madame la Secrétaire d’Etat, vous ne pouvez pas l’ignorer. Bien des collègues avant moi vous ont déjà fait part du malaise qui nous étreint toutes et tous. Ce courrier vous est remis par des collègues engagés dans la marche pour les sciences qui arrivera à Paris le 18 octobre prochain. Les gels de postes de plus en plus nombreux dans les universités commencent à faire bouger les choses. Sauriez-vous vous défaire de la langue de bois ministérielle et des spreadsheets de votre cabinet pour prendre enfin la mesure de la crise que traversent l’enseignement supérieur et la recherche ?

 

Vincent Goulet,

Docteur en sociologie

Ancien Maître de Conférences à l’université de Lorraine.

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 21:28

 

 

 

Nouvelle mobilisation des retraité(e)s le 30 septembre

 

 

Une politique néfaste aux personnes retraitées

 

Le 3 juin 2014, nos organisations syndicales et associations de retraité(e) ont organisé une très forte manifestation nationale à Paris et des rassemblements dans les départements afin que soient prises en compte les demandes légitimes des retraités. Pour l’essentiel, le gouvernement est resté sourd à nos demandes, mais il s’est senti tout de même obligé de donner un minimum de suites aux discussions engagées fin 2013 et début 2014 sur l’adaptation de la société au vieillissement, dossier qui était reporté d’année en année depuis trop longtemps. Un projet de loi est en cours d’examen devant le Parlement ; ceci aboutira à un texte qui sera loin de répondre à nos revendications, mais pourra servir d’ancrage pour de prochaines étapes.

 

En matière de pouvoir d’achat, rien de positif n’a été fait par le gouvernement, bien au contraire. Depuis plusieurs années, les pensions étaient revalorisées chaque 1er avril à partir d’un calcul effectué en fonction des prévisions d’inflation. Une loi du 20 janvier 2014 a repoussé cette date de revalorisation au 1er octobre 2014. Par la suite, le gouvernement a décidé du gel des pensions de retraites jusqu’au 1er octobre 2015. Se déclarant attentif aux plus pauvres, le gouvernement a décidé que les retraités dont le montant total de la pension est inférieur à 1 200 euros bruts par mois bénéficieraient de la revalorisation au 1er octobre 2014. Cette petite mesure d’apaisement a été remise en cause. L’annonce récente d’une « prime exceptionnelle » de 40 euros, sans influence sur le décalage entre la pension et l’inflation, et d’une hausse de 8 euros du minimum vieillesse, lequel reste inférieur de 193 euros au seuil de pauvreté, est mal vécue par les personnes retraitées.

Même si la dette est forte,

la France n’est pas pauvre !

 

Le gouvernement actuel poursuit la politique de partage de plus en plus inégalitaire des richesses produites. Les mises en cause des retraites, les mesures fiscales prises sur le revenu des retraités (fiscalisation de la majoration des pensions des retraités ayant eu au moins trois enfants, suppression de la ½ part, etc), l’augmentation de la TVA, les déremboursements de l’assurance maladie, etc, sont faits pour éponger plus ou moins les 220 milliards d’euros d’aides publiques sans contrôles ni contreparties versés aux « entreprises ».

 

Il faut d’autres choix

 

Nous n’acceptons pas les 10 milliards « d’économies » pris sur l’assurance maladie. Ce sera encore un accès aux soins plus difficile pour nombre de personnes âgées.

Les mesures d’économies sur le budget de l’État et sur les collectivités locales pèseront sur les financements des services sociaux, des services de proximité et d’aide à la personne.

La baisse continuelle du pouvoir d’achat des retraités n’est pas la bonne réponse à l’amélioration de la situation financière des retraites.

 

 

Mobilisation pour nos revendications le 30 septembre

 

Déjà dans des départements, des initiatives sont prises pour manifester sur la base de nos revendications le 30 septembre (veille du 1er octobre), principalement devant les préfectures.

 

Partout, il faut favoriser ces rassemblements unitaires :

  • contre le gel des pensions ;

  • pour l’amélioration du pouvoir d’achat des retraités ;

  • pour le retour à une revalorisation annuelle des pensions au 1er janvier de l’année ;

  • pour une loi progressiste sur l’adaptation de la société au vieillissement basée sur une solidarité intergénérationnelle réduisant au maximum le reste à charge des personnes en perte d’autonomie et de leurs familles ;

  • pour le développement et le renforcement de services publics de qualité indispensables au mieux vivre individuel et collectif (santé, transports, culture, sécurité, etc).

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Etat de la mobilisation Univ

Notre camarade Sequinot de Lille tient à jour l'état de la mobilisation dans les universités et les IUT. Cliquez sur le lien:

http://www.univ-lille1.fr:80/snesup59-62/mobilisation/

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